‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 16 sur 304 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Nous créa besaciers' tous de même manière.

Tant ceux du temps passé que du temps d'aujourd'hui :

11 fit pour nos défauts la poche de derrière.

Et celle de devant pour les déuiuts d'autrui.

l HIRONDELLE ET LES PETITS OISEAUl.

Une hirondelle en ses voyages Avait beaucoup appris. Quiconque a beaucoup vu

Peut avoir beaucoup retenu.

Celle-ci prévoyait jusqu'aux moindres orages,

Et, devant qu'ils fussent éclos,

Les annonçait aux matelots.

Il arriva qu'au temps que la chanvre se sème. Elle vit un manant '^ en couvrir maints sillons. Ceci ne me plaît pas, dit-elle aux oisillons : Je vous plains; car, pour moi, dans ce péril extrême, Je saurai m'éloigner, ou vivre en quelque coin. Voyez-vous cette main qui par les airs chemine?

Un jour viendra , qui n'est pas loin , Que ce qu'elle répand sera votre ruine. De là naîtront engins' à vous envelopper,

Et lacets pour vous attraper,

Enfin mainte et mainte machine

Qui causera dans la saison

Votre mort ou votre prison :

Gare la cage ou le chaudron !

C'est pourquoi, leur dit Thirondelle,

i\langez ce grain ; et croyez-moi.

Les oiseaux se moquèrent d'elle :

Ils trouvaient aux champs trop de quoi.

j. Porteurs de besaces.

2. Un habitant de la^afliparne, selon la signification primitive de ce inoi qui aclueiment ne se prend plus qn'ennian-vaiss part.

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