LIVRE HUITIÈME
l'a NE ET LE CHIEN.
II se faut entr'aider; c'est la loi de nalurc.
L'ànc un jour pourtant s'en moqua :
El ne sais comme il y manqua;
Car il est bonne créature.
II allait par pays, accompagné du chien,
Gravement, sans songer à rien;
Tous deux suivis d'un commun maître.
Ce maître s'endormit. L'àne se mit à paître :
Il était alors dans un pré
Dont l'herbe était fort à son gré.
Point ae chardons pourtant; il s'en passa pour l'heure 11 ne faut pas toujours être si délicat ;
Et, faute de servir ce plat,
Rarement un festin demeure.
Notre baudet s'en sut enfin Passer pour cette fois. Le chien , mourant de faim , Lui dit : Cher compagnon , baisse-toi , je te prie : Je prendrai mon dîné dans le panier au pain. Point de réponse; mot' : le roussin d'Arcadic
Craignit qu'en perdant un moment
Il ne perdît un coup de dent.
Il fit longtemps la sourde oreille :
Enfin il répondit : Ami , je te conseille D'attendre que ton maître ait fini son sommeil; Car il te donnera sans faute, à son réveil,
Ta portion accoutumée :
Il ne saurait tarder beaucoup.
Sur ces entrefaites un loup Sort du bois, et s'en vient : autre bête affamée. L'âne appelle aussitôt le chien à son secours.