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LIVRE NEUVIEME

Chez un voisin dérobait, ce dit-on, Et fleurs et fruits. Ce voisin, en automne Des plus beaux dons que nous offre Pomor.e Avait la fleur, les autres le rebut.

Chaque saison apportait son tribut ; Car au printemps il jouissait encore Des plus beaux dons que nous présente Flore Un jour dans son jardin il vit notre écolier. Qui , grimpant sans égard sur un arbre fruitier, Gâtait jusqu'aux boutons, douce et frêle espérance. Avant-coureur des biens que promet l'abondance : Môme il ébranchail l'arbre , et fit tant à la fin ,

Que le possesseur du jardin Envoya faire plainte au maitre de la classe. Celui-ci vint , suivi d'un cortège d'enfants

Voilà le verger plein de gens Pires que le premier. Le pédant, de sa grâce, Accrut le mal en amenant Cette jeunesse mal instruite :

Le tout, à ce qu'il dit, pour faire un châtiment Qui pût servir d'exemple , et dont toute sa suite Se souvînt à jamais comme d'une leçon.

Là-dessus il cita Virgile et Cicéron,

Avec force traits de science.

Son discours dura tant, que la maudite engeance Eut le temps de gâter en cent lieux le jardin.

Je hais les pièces d'éloquence Hors de leur place, et qui n'ont point de fin;

Et ne sais bête au monde pire Que l'écolier, si ce n'est le pédant.

Le meilleur de ces deux pour voisin, à vrai dire,

Ne me plairait aucunement.

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