‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 22 sur 304 · SIMONIDE PRESERVE PAR LES DIEUZ · texte numérisé non relu

SIMONIDE PRESERVE PAR LES DIEUZ

On ne peut trop louer trois sortes de personnes : Les dieux, sa maîtresse et son roi.

t . Expression fréquemment employée par La Fontaine et nos anciens auteiiis pour déài- L'iiei' tni àne.

2- Pour un gualriême voleur. Ne pourrait pins se dire aujourd'hui.

Malherbe le disait : j'y souscris, quant à moi;

Ce sont maximes toujours bonnes.

La louange chatouille et gagne les esprits : Les faveurs d'une belle en sont souvent le prix. Voyons comme les dieux l'ont quelquefois payée.

Simonide avait entrepris L'éloge d'un athlète; et, la chose essayée, Il trouva son sujet plein de récits tout nus. Les parents de l'athlète étaient gens inconnus; Son père, un bon bourgeois; lui, sans autre mérite;

Matière infertile et petite.

Le poète d'abord parla de son héros.

Après en avoir dit ce qu'il en pouvait dire, Il se jette à côté , se met sur le propos De Castor et PoUux; ne manque pas d'écrire Que leur exemple était aux lutteurs glorieux ; Élève leurs combats, spécifiant les lieux Où ces frères s'étaient signalés davantage :

Enfin l'éloge de ces dieux

Faisait les deux tiers de l'ouvrage.

L'athlète avait promis d'en payer un talent :

Mais, quand il le vit, le galant N'en donna que le tiers; et dit, fort franchcmenl, Que Castor et Pollux acquittassent le reste. Faites-vous contenter par ce couple céleste.

Je vous veux traiter cependant :

Venez souper chez moi; nous ferons bonne vie.

Les conviés sont gens choisis,

3Ies parents, mes meilleurs amis;

Soyez donc de la compagnie.

Simonide promit. Peut-être qu'il eut peur De perdre, outre son dû, le gré de sa louange.

Il vient : l'on festine, l'on mange.

Chacun étant en belle humeur, Un domestique accourt, l'avertit qu'à la porte Deux hommes demandaient à le voir promptement.

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