‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 23 sur 304 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Il sort de table ; et la cohorte

N'en perd pas un seul coup de dent.

Ces deux hommes étaient les" gémeaux de l'éloge. Tous deux lui rendent grâce; et, pour prix de ses vers,

Ils l'avertissent qu'il déloge, El que cette maison va tomber à l'envers.

La prédiction en fut vraie.

Un pilier manque ; et le plafond ,

Ne trouvant plus rien qui l'étalé,- Tombe sur le festin, brise plats et flacons,

N'en fait pas moins aux échansons.

Ce ne fut pas le pis : car, pour rendre complèle

La vengeance due au poëte.

Une poutre cassa les jambes à l'athlète ,

Et renvoya les conviés

Pour la plupart estropiés.

La renommée eut soin de publier l'affaire : Chacun cria , Miracle ! On doubla le salaire Que méritaient les vers d'un homme aimé des dieux.

Il n'était fils de bonne mère

Qui , les payant à qui mieux mieux ,

Pour ses ancêtres n'en fit faire.

Je reviens à mon texte : et dis premièrement Qu'on ne saurait manquer de louer largement Les dieux et leurs }:areils; de plus, que Melpomène Souvent, sans déroger, trafique de sa peine; Enfin , qu'on doit tenir notre art en quelque prix. Les grands se font honneur dès lors qu'ils nous font grâce :

Jadis l'Olympe et le Parnasse

Étaient frères et bons amis.

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