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LIVRE DIXIÈM

Comme l'on sortirait d'un songe !

Sn^e, pardonnez-moi cette exclamation :

J'avais prévu ma chute en montant sur le faite. le m'y suis trop complu : mais qui n'a dans la tèle

Un petit grain d'ambition?

LES POISSONS ET LE BERGER QUI JOUE DE L ,'. f :. iJ T S.

Tircis, qui pour la seule Annclte

Faisait résonner les accords

D'une voix et d'une muselle

Capables de touclier les morts,

Chantait un jour le long des boids

D'une onde arrosant des prairies Dont Zéphire habitait les campagnes tlcuric-s. Annette cependant à la ligne pochait;

Mais nul poisson ne s'approchait :

La bergère perdait ses peines.

Le berger, qui, par ses chanson?,

Eût attiré des inhumaines , Crut, et crut mal, attirer des poissons. 11 leur chanta ceci : Citoyens de cette onde, Laissez votre Naïade en sa grotte profonde ; Venez voir un objet mille fois plus charmant. Ne craignez point d'entrer aux prisons de la Belle;

Ce n'est qu'à nous qu'elle est cru(î!le.

Vous serez traités doucement;

On n'en veut point à votre vie :

Un vivier vous attend, plus clair que fin crislal; Et, quand à quelques-uns l'appât serait fata! , Mourir des mains d' Annette est un sort que j'en\ ie. Ce discours éloquent ne lit pas grand effet; L'auditoire était sourd aussi bien que muet : Tircis eut beau prêcher. Ses paroles miellées

S'en élanl aux vents envolées, Il tendit un long rets. Voilà les poissons pris; Voilà les poissons mis aux pieds de la bergère.

0 vous, pasteurs d'humains et non pas de l)rebis, llois, qui croyez gagner par raison les esprits

D'une multitude étrangère, Ce n'est jamais par là que l'on en vient à bout!

Il y faut une autre manière :

Servez-vous de vos rets; la puissance fait tout.

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