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LES DEIX PERROOUETS, I.E ROI, ET SON FILS

Deux perroquets, l'un père et l'antre (ils. Du rôt d'un roi faisaient hur ordinaire; Deux demi-dieux, l'un fils et l'autre père, De ces oiseaux faisaient leurs favoris.

L'âge liait une amitié sincère Entre ces gens : les deux pères s'aimaient ; Les deux enfants, malgré leur cœur frivole, L'un avec l'autre aussi s'accoutumaient, Nourris ensemble, et compagnons d'écoio.

C'était beaucoup d'honneur au jeune perroquet; Car reniant était prince , et son père monarque. Par le tempérament que lui donna la l'anjuc, Il aimait les oiseaux. Un moineau fort coquet, Et le plus amoureux de toute la province. Faisait aussi sa part des délices du prince. Ces deux rivaux un jour ensemble se jouants. Comme il arrive aux jeunes gens.

Le jeu devint une querelle.

Le passereau, peu circonspcc.

S'attira de tels coups de bec.

Que demi-mort et traînant l'aile,

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On crut qu'il n'en pourrait guérir.

Le prince indigné fit mourir Son perroquet. Le bruit en vint au père. L'infortuné vieillard crie et se désespère,

Le tout en vain , ses cris sont superflus ; L'oiseau parleur est déjà dans la barque : Pour dire mieux, l'oiseau ne parlant plus Fait qu'en lureur sur le tils du monarque Son père s'en va fondre, et lui crève les yeux. Il se sauve aussitôt, et clioisil pour asile

Le baut d'un pin : là, dans le sein des dieux, Il goûte sa vengeance en lieu sur et tranquille Le roi lui-même y court, et dit pour l'attirer : Ami, reviens chez moi : i^'ue nous sert de pleurer? Haine, vengeance, et ai'uil, laissons tout à la poric. Je suis contraint de déclarer, Encor que ma douleur soit forte.

Que le tort vient de nous; mon fils fut l'agresseur; Mon fils! non; c'est le Sort qui du coup est l'aiileur. La Parque avait écrit de tout temps en son livre Que l'un de nos enfants devait cesser de vivre,

L'autre de voir, par ce malheur.

Consolons-nous tous deux, et reviens dans ta cage. Le perroquet dit: Sire roi, Crois-tu qu'après un tel outrage Je me doive fier à toi ?

Tu m'allègues le Sort : prétonds-tu, par ta foi, Me leurrer de l'appât d'un profane langage? Mais que la Providence, ou bien que le Destin

Règle les affaires du monde.

Il est écrit là-haut qu'au faîte de co pin, Ou dans quelque forêt profonde, J'achèverai mes jours loin du fatal objet

Qui doit t'ètre un juste sujet De haine et de fureur. Je sais que la vengeance Est un morceau de roi; car vous vivez en dieux. Tu veux oublier cette offense ;

Je le crois : cependant il me faut, pour le mieux.

Éviter ta main et tes yeux.

Sire roi, mon ami, va-t'en; tu perds ta peine:

Ne me parle point de retour; L'absence est aussi bien un remède à la haine

Qu'un appareil contre l'amour.

XHI.

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