LES SOURIS ET LE CHAT-HUAMT
Il ne faut jamais dire aux gens :
Écoutez un bon mot, oyez' une meiveille.
Savez-vous si les écoutants En feront une estime à la vôtre pareille? Voici pourtant un cas qui peut être excepté : Je le maintiens prodige , et tel que d'une fable Il a l'air et les traits , encor que véritable.
On abattit un pin pour son antiquité, Vieux palais d'un bibou, triste et sombre retraite De l'oiseau qu'Atropos- prend pour son interprèle. Dans son tronc caverneux, et miné par le temps,
Logeaient, entre autres liabilants.
Force souris sans pieds, toutes rondes de graisse. L'oiseau les nourrissait parmi des tas de blé, Et de son bec avait leur troupeau mutilé. Cet oiseau raisonnait : il faut qu'on le confesse. En son temps, aux souris le compagnon chassa : Les premières qu'il prit du logis échappées, Pour y remédier, le drôle estropia Tout ce qu'il prit ensuite; et leurs jambes coupées Firent qu'il les mangeait à sa commodité,
Aujourd'hui l'une, et demain l'autre.