‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 244 sur 304 · LIVRE OINZIEMI · texte numérisé non relu

LIVRE OINZIEMI

Tout manger à la fois, l'impossibilité

S'y trouvait, joint aussi le soin de sa sanlé.

Sa prévoyance allait aussi loin que la nuire :

Elle allait jusqu'à leur porter

Vivres et grains pour subsister.

Puis, qu'un cartésien s'obstine A traiter ce bibou de montre et de machine !

Quel ressort lui pouvait donner Le conseil de tronquer un peuple mis on mue ' ?

Si ce n'est pas là raisonner,

La raison m'est chose inconnue.

Voyez que d'arguments il fit :

Quand ce peuple est pris, il s'enfuit; Donc il faut le croquer aussitôt qu'on le happe. Tout! il est impossible. Et puis, pour le besoin N'en dois-je point garder? Donc il faut avoir soin

De le nourrir sans qu'il échappe.

Mais comment? Otons-lui les pieds. Or, trouvez-moi Chose par les humains à sa fm mieux conduite ! Quel autre art de penser Âristote et sa suite ^

Enseignent-ils, par votre foi?

Ceci n'est peint une fable; et la chose, quoique merveilleuse et presque incroyable, est véritablement arrivée. J'ai peut-être porté trop loin la prévoyance de ce hibou ; car je ne prétends pas établir dans les bètes un progrès de raisonnement tel que celui-ci : mais ces exagérations sont permises à la poésie, surtout dans la manière d'écrire dont je me sers.

1. C'est-à-dire renfermé pour êlre euTraissé. Le mol mue servait à désij^ner une granae cage pour engraisser les volailles.

2. La Fontaine fait ici allasion à l'Art de penter, composé par MM. de Port-Royal, Nicole it Araaiilt.

3U« FABLES DE LA FOiXTAINE.

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