A MONSEIGNKUR LE DUC DE BOURGOGNE
leurs et en poètes, vous vous connaîtrez encore mieux quelque jour en bons politiques et en bons généraux d'armée; et vous vous tromperez aussi peu au choix des personnes qu'au mérite des actions. Je ne suis pas d'un âge à espérer d'en être témoin'. 11 faut que je me contente de travailler sous vos ordres. L'envie de vous plaire me tiendra lieu d'une imagination que les ans ont affaiblie : quand vous souhaiterez quelque fable, je la trouverai dans ce fonds-là. Je voudrais bien que vous y puissiez trouver des louanges dignes du monarque qui fait maintenant le destin de tant de peuples et de nations, et qui rend toutes les parties du monde attentives à ses conquêtes , à ses victoires , et à la paix qui semble se rapprocher, et dont il impose les conditions avec toute la modération que peuvent souhaiter nos ennemis. Je me le figure comme un conquérant qui veut mettre des bornes à sa gloire et à sa puissance, et de qui on pourrait dire, à meilleur titre qu'on ne l'a dit d'Alexandre, qu'il va tenir les États de l'Univers, en obligeant les ministres de tant de princes de s'assembler pour terminer une guerre qui ne peut être que ruineuse à leurs maîtres*. Ce sont des sujets au-dessus de mes paroles : je les laisse à de meilleures plumes que la mienne , et suis avec un profond respect,
MOKSElGNEtlE,
Votre très-humble, très -obéissant, et très-fidèle serviteur,
DE La F o n t a r n e.
i. La Foataiae était alors âgé de soiiante-lreize ans.
2. Luxembourg avait été vainqueur à Fleurus, à Nerwinde, à Steiukerke ; Catinat, i Staffarde et à Marsailles. L'armée royale avait pris Mous, Namur et Charleroi. Louis XIV offrit la jjaii. mais à des conditions trop dures, et qui ne furent [loint acceptées.