‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 250 sur 304 · I. Pour redeniem · texte numérisé non relu

I. Pour redeniem

312 FABLES 1)K LA FOiMAINE.

Toi qui parles, qii'es-tu? N'aiiriez-vous pas, sans moi.

Mangé ces animaux que plaint lout le village?

Si j'étais homme, par ta foi,

Aimerais-je moins le carnage?

Pour un mot quelquefois vous vous étranglez tous : Ne vous ètes-vous pas l'un ;\ l'autre des loups? Tout bien considéré, je te soutiens en somme

Que, scélérat pour scélérat.

Il vaut mieux être un loup qu'un homme :

Je ne veux point changer d'état.

Ulysse fit à tous une même semonce :

Chacun d'eux lit même réponsç,

Autant le grand que le petit.

La liberté, les bois, suivre leur appétit.

C'était leurs délices suprêmes; Tous renonçaient au los* des belles actions. Ils croyaient s'affranchir suivants leurs passions:

Ils étaient esclaves d'eux-mêmes.

Piince, j'aurais voulu vous choisir un sujet Où je pusse mêler le plaisant à l'utile :

C'était sans doute un beau projet,

Si ce choix eût été facile.

Les compagnons d'Ulysse enfin se sont offerts; Ils ont force pareils en ce bas univers.

Gens à qui j'impose pour peine

Votre censure et votre haine.

1 Looange, du mot latin lavj.

Page 1