‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 297 sur 304 · ODE AU ROI. 38S · texte numérisé non relu

ODE AU ROI. 38S

A ramené les aquilons ; Et nos climats ont vu l'année, Deux fois de pampre couronnée , Enrichir coteaux et vallons

Oronte seul, ta créature, Languit dans un profond ennui, Et les bienfaits de la nature Ne se répandent plus pour lui.

fu peux d'un éclat de ta foudre Achever de le mettre en poudre ; Mais si les dieux à ton pouvoir Aucunes bornes n'ont prescrites , Moins ta grandeur a de limites , Plus ton courroux en doit avoir.

Réserve-le pour des rebelles :

Ou, si ton peuple l'est soumis, Fais-en voler les étincelles Chez tes superbes ennemis.

Déjà Vienne est irritée De ta gloire aux astres montée ' , Ses monarques en sont jaloux :

Et Rome t'ouvre une carrièie Où ton cœur trouvera nialière D'exercer ce noble courroux-.

Va-t'en punir l'orgueil du Tibre:

Qu'il se souvienne que ses lois N'ont jadis rien laissé de libre Que le courage des Gaulois;

1. Le traité entre la France. TA ngleterre et la Hollande , dans le desiein d'abaisser J a Eîison d'Antriche, fut conclu à la fin de l'année 1662.

2. Le duc de Créqui, ambassadeur de France, fat insulté par les gardes du corps di pape, le 20 août 1662. Louis XIV se saisit d'Avignon, et força le saint-père à lui envoyer son neveu le cardinal Cbigi pour lui faire des excuses, à bannir les gardes du corps à perpétuité, à élever à Rome, vis-à-vis de leur ancien corps de garde, une pyram:de, avec- nue inscnption qu contenait les articles de la satisfaction exigée.

3S2 POÉSIES DIVERSES

Mais pai'ini nous sois débonnaire.

A cet empire si sévère

Tu ne te peux accoutumer,

El ce serait trop te conUaindre.

Les étrangers te doivent craindre.

Tes sujets te veulent aimer.

L'amour est fds de la clémence;

La clémence est lillc des dieux :

Sans elle toute leur puissance

Ne serait qu'un titre odieux.

Parmi les fruits de la victoire,

César, environné de gloire,

N'en trouva point dont la douceur

A celui-ci put être égale;

Non pas même aux champs où Pharsale

L'honora du nom de vainqueur.

Je ne veux pas te mettre en compte Le zèle ardent ni les travaux En quoi tu te souviens qu'Oionle Ne cédait point à ses rivaux.

Sa passion pour ta personne , Pour ta grandeur, pour ta couronne .

Quand le besoin s'est vu pressant , A toujours été remarquable; Mais si tu crois qu'il est coupable , Il ne veut point être innocent.

Laisse-lui donc pour toute grâce Un bien qui ne lui peut durer, Après avoir perdu la place Que ton cœur lui lit espérer.

Accorde-nous les faibles restes De ses jours tristes et funestes, Jours qui se passent en soupirc- Ainsi les liens iilés de soie

Page 1