LA MOUCHE ET LA F0UR5SK
La mouche et la fourmi contestaient de leur pris.
0 Jupiter! dit la première, Faut-il que l'amour-propre aveugle les esprits
D'une si terrible manière !
Qu'un vil et rampant animal A la fille de l'air ose se dire égal ! Je hante les palais, je m'assieds à ta table : Si l'on t'immole un bœuf, j'en goûte devant toi ; Pendant que celle-ci , chétive et misérable , Vit trois jours d'un fétu qu'elle a traîné chez soi.
Mais, ma mignonne, dites-moi , Vous campez-vous jamais sur la tète d'un roi ,
D'un empereur, ou d'une belle?
Je le fais, et je baise un beau sein quand je veux;
Je me joue entre des cheveux ; Je rehausse d'un teint la blancheur naturelle; Et la dernière main que met à sa beauté
Une femme allant en conquête, C'est un ajustement des mouches emprunté*.
Puis allez-moi rompre la tète
De vos greniers! — Avez-vous dilf
I . L'usage que les dames ayaient de coller sur leurs visages de petits morceaux de taffoia» noir découpés en rond, pour rehausser la blancheur de leur teint, ou pour déguiser les inégalités de la peau ; était commun da temps de La Fontaine.