‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 69 sur 304 · LIVRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIEME

Lui répliqua la ménagère.

Vous hantez les palais; mais on vous y maudit.

Et quant à goûter la première

De ce qu'on sert devant les dieux.

Croyez-vous qu'il en vaille mieux?

Si vous entrez partout, aussi font les profanes. Sur la tète des rois et sur celle des ânes Vous allez vous planter, je n'en disconviens pas

Et je sais que d'un prompt trépas Cette importunité bien souvent est punie. Certain ajustement, dites-vous, rend jolie; J'en conviens : il est noir ainsi que vous et moi. Je veux qu'il ait nom mouche : est-ce un sujet pourquoi

Vous fassiez sonner vos mérites?

Nomme-t-on pas aussi mouches les parasites? Cessez donc de tenir un langage si vain :

N'ayez plus ces hautes pensées.

Les mouches de cour sont chassées ; Les mouchards sont pendus : et vous mourrez de faim ,

De froid, de langueur, de misère.

Quand Phébus régnera sur un autre hémisphère. Alors je jouirai du fruit de mes travaux :

Je n'irai, par monts ni par vaux,

M' exposer au vent, à la pluie;

Je vivrai sans mélancolie :

Le soin que j'aurai pris de soin m'exemptera.

Je vous enseignerai par là Ce que c'est qu'une fausse ou véritable gloire. Adieu ; je perds le temps : laissez-moi travailler;

Ni mon grenier, ni mon armoire,

Ne se remplit à babiller.

8G FABLES DE LA. FOiNTAlNE.

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