LIVRE QUATRIÈME
LE COMBAT DKS RATS El DES BELrTTF.O.
La nation des belettes,
Non plus que celle des chats,
Ne veut aucun bien aux rats;
Et, sans les portes étrètes'
De leurs habitations.
L'animal à longue échine
En ferait, je m'imagine.
De grandes destructions.
Or, une certaine année
Qu'il en était à foison,
Leur roi, nommé Ratapon,
Mit en campagne une armée.
Les belettes , de leur part ,
Déployèrent l'étendard.
Si l'on croit la renommée,
La victoire balança :
Plus d'un guéret s'engraissa •■
Du sang de plus d'une bande.
Mais la perte la plus grande
Tomba presque en tous endroiis
Sur le peuple souriquois.
Sa déroute lut entière.
Quoi que (rùl laire Ariarpax,
Psicarpax, Méridarpax-,
Qui, tout couverts de poussière.
Soutinrent assez longtemps
Les efforts des combattants.
Leur résistance fut vaine;
Il fallut céder au sort :
1. Var. Êtrètes pour étroites, à cause de la rime et par licence poétique.
2. Ces noms sont tirés de la Balrachomyomachie , ou du poérna intitulé le Combat di3 Grenouilles et d«s Rais, attribué à Uomèie.
Chacun s'enfuit au plus fort.
Tant soldat que capitaine.
Les princes périrent tous.
La racaille, dans des trous Trouvant sa retraite prèle, Se sauva sans grand travail; Mais les seigneurs sur leur tcie Ayant chacun un plumait ' , Des cornes ou des aigrettes , Soit comme marques d'honneur.
Soit afin que les belettes En conçussent plus de peur, Cela causa leur malheur.
Trou, ni fente, ni crevasse, Ne fut large assez pour eux; Au lieu que la populace Entrait dans les moindres creux, La principale jonchée Fut donc des principaux rats.
Une tète empanachée N'est pas petit embarras.
Le trop superbe équipage Peut souvent en un passage Causer du retardement.
Les petits, en toute affaire.
Esquivent fort aisément :
Les grands ne le peuvent lauc.