‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 80 sur 304 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

Il eut recours à l'homme, implora son adresse, l/homme lui mit un frein, lui sauta sur le. dos,

Ne lui donna point de repos Que le cerf ne fût pris, et n'y laissât la vie.

Et cela fait, le cheval remercie L'homme son bienfaiteur, disant : Je suis à vous ; Adieu ; je m'en retourne en mon séjour sauvage. Non pas cela, dit l'homme; il fait meilleur chez nous.

Je vois trop quel est votre usage.

Demeurez donc; vous serez bien traite.

Et jusqu'au ventre en la litière.

Hélas ! que sert la bonne chère

Quand on n'a pas la liberté ?

Le cheval s'aperçut qu'il avait fait folie; Mais il n'était plus temps ; déjà son écurie

Était prête et toute bâtie.

Il y mourut en traînant son lien :

Sage , s'il eût remis une légère offense.

Quel que soit le plaisir que cause la vengeance , C'est l'acheter trop cher que l'acheter d'un bien Sans qui les autres ne sont rien.

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