LE RAT DE VILLE ET LE RAT DES CHAMPS
Autrefois le rat de ville Invita le rat des champs, D'une façon fort civile, A des reliefs d'ortolans.
Sur un tapis de Turquie Le couvert se trouva mis.
Je laisse à penser la vie Que firent ces deux amis.
Le régal fut fort honnête ; Rien ne manquait au festin:
Mais quelqu'un troubla la fête Pendant qu'ils étaient en train.
A la porte de la salle Ils entendirent du bruit :
Le rat de ville détale ; Son camarade le suit.
Le bruit cesse, on se retire :
Rats en campagne aussitôt :
Et le citadin de dire :
Achevons tout notre rôt.
C'est assez, dit le rustique :
Demain vous viendrez chez moi.
Ce n'est pas que je me pique De tous vos festins de roi.
Mais rien ne vient m'interrompre :
Je mange tout à loisir.
Adieu donc. Fi du plaisir Que la crainte peut corrompre.
LE LOUP ET l'agneau
La raison du plus fort est toujours la meilleure.
Nous Talions montrer tout à l'heure.
Un agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un loup survint à jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait. Oui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
Sire, répond l'agneau, que votre majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère