‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 12 sur 318 · LE RAT DE VILLE ET LE RAT DES CHAMPS · texte numérisé non relu

LE RAT DE VILLE ET LE RAT DES CHAMPS

Autrefois le rat de ville Invita le rat des champs, D'une façon fort civile, A des reliefs d'ortolans.

Sur un tapis de Turquie Le couvert se trouva mis.

Je laisse à penser la vie Que firent ces deux amis.

Le régal fut fort honnête ; Rien ne manquait au festin:

Mais quelqu'un troubla la fête Pendant qu'ils étaient en train.

A la porte de la salle Ils entendirent du bruit :

Le rat de ville détale ; Son camarade le suit.

Le bruit cesse, on se retire :

Rats en campagne aussitôt :

Et le citadin de dire :

Achevons tout notre rôt.

C'est assez, dit le rustique :

Demain vous viendrez chez moi.

Ce n'est pas que je me pique De tous vos festins de roi.

Mais rien ne vient m'interrompre :

Je mange tout à loisir.

Adieu donc. Fi du plaisir Que la crainte peut corrompre.

LE LOUP ET l'agneau

La raison du plus fort est toujours la meilleure.

Nous Talions montrer tout à l'heure.

Un agneau se désaltérait

Dans le courant d'une onde pure.

Un loup survint à jeun, qui cherchait aventure,

Et que la faim en ces lieux attirait. Oui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?

Dit cet animal plein de rage :

Tu seras châtié de ta témérité.

Sire, répond l'agneau, que votre majesté

Ne se mette pas en colère ;

Mais plutôt qu'elle considère

Page 1