‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 13 sur 318 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Que je me vas désaltérant

Dans le courant Plus de vingt pas au-dessous d'elle :

Et que, par conséquent, en aucune façon.

Je ne puis troubler sa boisson.

Tu la troubles ! reprit cette bête cruelle : Et je sais que de moi tu médis l'an passé. / Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ? Reprit l'agneau; je tette encor ma mère.

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère. Je n'en ai point. C'est donc quelqu'un des tiens ; Car vous ne m'épargnez guère.

Vous, vos bergers, et vos chiens.

On me l'a dit: il faut que je me venge. Là-dessus, au fond des forêts Le loup l'emporte, et puis le mange, Sans autre forme de procès.

l'homme et son image

Pour M. le duc de la Rochefoucauld

Un homme qui s'aimait sans avoir de rivaux Passait dans son esprit pour le plus beau du monde : Il accusait toujours les miroirs d'être faux. Vivant plus que content dans son erreur profonde. Afin de le guérir, le sort officieux

Présentait partout à ses yeux Les conseillers muets dont se servent nos dames: Miroirs dans les logis, miroirs chez les marchands. Miroirs aux poches des galants.

Miroirs aux ceintures des femmes.

Que fait notre Narcisse ? Il se va confiner Aux lieux les plus cachés qu'U peut s'imaginer, N'osant plus des miroirs éprouver l'aventure. Mais un canal, formé par une source pure.

Se trouve en ces lieux écartés :

Il s'y voit, il se fâche; et ses yeux irrités Pensent apercevoir une chimère vaine.

Il fait tout ce qu'il peut pour éviter cette eau:

Mais quoi ! le canal est si beau.

Qu'il ne le quitte qu'avec peine.

On voit bien où je veux venir.

Je parle à tous; et cette erreur extrême Est un mal que chacun se plaît d'entretenir. Notre âme, c'est cet homme amoureux de lui-même: Tant de miroirs, ce sont les sottises d'autrui, Miroirs, de nos défauts les peintres légitimes :

Et quant au canal, c'est celui Oue chacun sait, le livre des Maximes.

lE DRAGON A PLUSIEURS TETES, ET LE DRAGON A PLUSIEURS QUEUES

Un envoyé du grand-seigneur Préférait, dit l'histoire, un jour chez l'empereur. Les forces de son maître à celles de l'empire.

Un Allemand se mit à dire :

Notre prince a des dépendants

Qui, de leur chef, sont si puissants, Que chacun d'eux pourrait soudoyer une armée.

Le chiaoux, homme de sens,

Lui dit : Je sais par renommée

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