LIVRE PREMIER
Ce que chaque électeur peut de monde fournir:
Et cela me fait sou\-enir D'une aventure étrange, et qui pourtant est \Taie.
J'étais en un lieu sûr, lorsque je vis passer
Les cent têtes d'une hydre au travers d'une haie.
Mon sang commence à se glacer;
Et je crois qu'à moins on s'effraie.
Je n'en eus toutefois que la peur sans le mal:
Jamais le corps de l'animal Ne put venir vers moi, ni trouver d'ouverture.
Je rêvais à cette aventure, Quand un autre dragon, qui n'avait qu'un seul chef. Et bien plus d'une queue, à passer se présente.
Me voilà saisi derechef
D'étonnement et d'épouvante.
Ce chef passe, et le corps, et chaque queue aussi: Rien ne les empêcha, l'un lit chemin à l'autre.
Je soutiens qu'il en est ainsi
De votre empereur et du nôtre.
LES VOLEURS ET L'aNE
Pour un âne enlevé deux voleurs se battaient : L'un voulait le garder, l'autre le voulait vendre.
Tandis que coups de poing trottaient.
Et que nos champions songeaient à se défendre.
Arrive un troisième larron,
Qui saisit maître Aliboron.
L'âne, c'est quelquefois une pauvre province : Les voleurs sont tel et tel prince,
Comme le Transilvain, le Turc et le Hongrois.
Au lieu de deux, j 'en ai rencontré trois :
Il est assez de cette marchandise.
De nul d'eux n'est souvent la province conquise; Un quart voleur survient qui les accorde net En se saisissant du baudet.