‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 149 sur 318 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

L'un n'avait en l'esprit nulle délicatesse. L'autre avait le nez fait de cette façon-là:

C'était ceci, c'était cela;

C'était tout, car les précieuses

Font dessus tout les dédaigneuses.

Après les bons partis, les médiocres gens

Vinrent se mettre sur les rangs.

EUe de se moquer. Ah! vraiment je suis bonne De leur ouvrir la porte! Ils pensent que je suis

Fort en peine de ma personne :

Grâce à Dieu, je passe les nuits

Sans chagrin, quoiqu'en solitude.

La belle se sut gré de tous ces sentiments. L'âge la fit déchoir: adieu tous les amants. Un an se passe et deux avec inquiétude : Le chagrin vient ensuite; elle sent chaque jour Déloger quelques Ris, quelques Jeux, puis l'Amour;

Puis ses traits choquer et déplaire:

Puis cent sortes de fards. Ses soins ne purent faire Qu'elle échappât au Temps, cet insigne larron.

Les ruines d'une maison Se peuvent réparer: que n'est cet avantage

Pour les ruines du visage !

Sa préciosité changea lors de langage.

Son miroir lui disait, prenez vite un mari ; Je ne sais quel désir le lui disait aussi : Le désir peut loger chez une précieuse. Celle-ci fit un choix qu'on n'aurait jamais cru, Se trouvant à la fin tout aise et tout heureuse

De rencontrer un malotru.

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