‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 152 sur 318 · LA COUR DU LION · texte numérisé non relu

LA COUR DU LION

Sa majesté lionne un jour voulut connaître De quelles nations le ciel l'avait fait maître.

Il manda donc par députés

Ses vassaux de toute nature.

Envoyant de tous les côtés

Une circulaire écriture

Avec son sceau. L'écrit portait

Qu'un mois durant le roi tiendrait

Cour plénière, dont l'ouverture

Devait être un fort grand festin,

Suivi des tours de Fagotin.

Par ce trait de magnificence Le prince à ses sujets étalait sa puissance.

En son louvre il les invita.

Quel louvre! un vrai charnier, dont l'odeur se

porta D'abord au nez des gens. L'ours boucha sa narine. Il se fût bien passé de faire cette mine; Sa grimace déplut : le monarque irrité

L'envoya chez Pluton faire Le dégoûté.

Le singe approuva fort cette sévérité; Et, flatteur excessif, il loua la colère Et la griffe du prince, et l'antre, et cette odeur:

Il n'était ambre, il n'était fleur,

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