‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 151 sur 318 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

Mais enfin il le faut; je ne puis arrêter

Qu'un temps fort court, un mois, peut-être une

semaine.

Employez-la: formez trois souhaits ; car je puis

Rendre trois souhaits accomplis:

Trois, sans plus. Souhaiter, ce n'est pas une peine

Étrange et nouvelle aux humains.

Ceux-ci, pour premier vœu, demandent l'abondance.

Et l'abondance à pleines mains

Verse en leurs coffres la finance.

En leurs greniers le blé, dans leurs caves les vins: Tout en crève. Comment ranger cette chevance ? Quels registres, quels soins, quel temps il leur

faUut!

Tous deux sont empêchés si jamais on le fut.

Les voleurs contre eux complotèrent.

Les grands seigneurs leur empruntèrent.

Le prince les taxa. Voilà les pauvres gens

Malheureux par trop de fortune. Otez-nous de ces biens l'affluence importune, Dirent-ils l'un et l'autre: heureux les indigents! La pauvreté vaut mieux qu'une telle richesse. Retirez-vous, trésors; fuyez: et toi, déesse. Mère du bon esprit, compagne du repos, O médiocrité, reviens vite! A ces mots La médiocrité revient. On lui fait place:

Avec elle ils rentrent en grâce.

Au bout des deux souhaits, étant aussi chanceux

Qu'ils étaient, et que sont tous ceux Qui souhaitent toujours, et perdent en chimères Le temps qu'ils feraient mieux de mettre à leurs affaires.

Le follet en rit avec eux.

Pour profiter de sa largesse.

Quand il voulut partir et qu'il fut sur le point, Ils demandèrent la sagesse.

C'est un trésor qui n'embarrasse point.

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