‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 217 sur 318 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

Pilpay jusqu'au Soliel eût enfin remonté; Le Soleil eût joui de la jeune beauté. Revenons, s'il se peut, à la métempsycose : Le sorcier du bramin fit sans doute une chose Qui, loin de la prouver, fait voir sa fausseté. Je prends droit là-dessus contre le bramin même :

Car il faut, selon son système, Que l'homme, la souris, le ver, enfin chacun Aille puiser son âme en un trésor commun.

Toutes sont donc de même trempe ;

Mais, agissant diversement

Selon l'organe seulement.

L'une s'élève, et l'autre rampe.

D'où vient donc que ce corps si bien organisé

Ne put obliger son hôtesse De s'unir au Soleil ? Un rat eut sa tendresse.

Tout débattu, tout bien pesé, Les âmes des souris et les âmes des belles

Sont très différentes entre elles; Il en faut revenir toujours à son destin. C'est-à-dire à la loi par le ciel établie :

Parlez au diable, employez la magie.

Vous ne détournerez nul être de sa fin.

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