‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 240 sur 318 · LES POISSONS ET LE CORMORAN · texte numérisé non relu

LES POISSONS ET LE CORMORAN

Il n'était point d'étang dans tout le voisinage Qu'un cormoran n'eût mis à contribution: Viviers et réservoirs lui payaient pension Sa cuisine allait bien : mais lorsque le long âge

Eut glacé le pauvre animal,

La même cuisine alla mal.

Tout cormoran se sert de pourvoyeur lui-même. Le nôtre, -un peu trop vieux pour voir au fond des eaux,

N'ayant ni filets ni réseaux.

Souffrait une disette extrême.

Que fit-il? Le besoin, docteur en stratagème. Lui fournit celui-ci. Sur le bord d'un étang

Cormoran vit une écrevisse.

Ma commère, dit-il, allez tout à l'instant,

Porter un avis important

A ce peuple: il faut qu'il périsse; Le maître de ce lieu dans huit jours péchera.

L'écre visse en hâte s'en va

Conter le cas. Grande est l'émute ;

Page 1