‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 254 sur 318 · LES DEUX AVENTURIERS ET LE TALISMAN · texte numérisé non relu

LES DEUX AVENTURIERS ET LE TALISMAN

Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire. Je n'en veux pour témoin qu'Hercule et ses travaux :

Ce dieu n'a guère de rivaux; J'en vois peu dans la fable, encor moins dans

l'histoire.

En voici pourtant un, que de vieux talismans Firent chercher fortune au pays des romans.

Il voyageait de compagnie.

Son camarade et lui trouvèrent un poteau

Ayant au haut cet écriteau:

« Seigneur aventurier, s'il te prend quelque envie De voir ce que n'a vu nul chevalier errant,

Tu n'as qu'à passer ce torrent; Puis, prenant dans tes bras un éléphant de pierre

Que tu verras couché par terre.

Le porter, d'une haleine, au sommet de ce mont Qui menace les cieux de son superbe front. » L'un des deux chevaliers saigna du nez: Si l'onde

Est rapide autant que profonde, Dit-il ... et supposé qu'on la puisse passer. Pourquoi de l'éléphant s'aller embarrasser ?

Quelle ridicule entreprise!

Le sage l'aura fait par tel art et de guise Qu'on le pourra porter peut-être quatre pas:

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