‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 279 sur 318 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

Jetait quelques doublons toujours par la fenêtre,

Et rendait le compte imparfait :

La chambre bien cadenassée Permettait de laisser l'argent sur le comptoir. Un beau jour don Bertrand se mit dans la pensée D'en faire un sacrifice au liquide manoir.

Quant à moi, lorsque je compare Les plaisirs de ce singe à ceux de cet avare, Je ne sais bonnement auquel donner le prix: Don Bertrand gagnerait près de certains esprits ; Les raisons en seraient trop longues à déduire. Un jour donc l'animal, qui ne songeait qu'à nuire, Détachait du monceau, tantôt quelque doublon,

Un jacobus, un ducaton.

Et puis quelque noble à la rose ; Éprouvait son adresse et sa force à jeter Ces morceaux de métal, qui se font souhaiter

Par les humains sur toute chose.

S'il n'avait entendu son compteur à la fin

Mettre la clef dans la serrure, Les ducats auraient tous pris le même chemin,

Et couru la même aventure :

Il les aurait fait tous voler jusqu'au dernier Dans le gouffre enrichi par maint et maint naufrage.

Dieu veuille préserver maint et maint financier Qui n'en fait pas meilleur usage!

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