‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 283 sur 318 · LE CERF MALADE · texte numérisé non relu

LE CERF MALADE

En pays plein de cerfs un cerf tomba malade.

Incontinent maint camarade Accourt à son grabat le voir, le secourir, Le consoler du moins : multitude importune.

Eh! messieurs, laissez-moi mourir:

Pennettez qu'en forme commune La Parque m'expédie, et finissez vos pleurs.

Point du tout : les consolateurs De ce triste devoir tout au long s'acquittèrent,

Quand il plut à Dieu s'en allèrent;

Ce ne fut pas sans boire un coup, C'est-à-dire sans prendre un droit de pâturage. Tout se mit à brouter les bois du voisinage. La pitance du cerf en déchut de beaucoup.

Il ne trouva plus rien à frire :

D'un mal il tomba dans un pire,

Et se vit réduit, à la fin,

A jeûner et mourir de faim.

Il en coûte à qui vous réclame.

Médecins du corps et de l'âme !

O temps ! ô mœurs ! j 'ai beau crier, Tout le monde se fait payer.

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