‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 284 sur 318 · LA CHAUVE-SOURIS, LE BUISSON, ET LE CANARD · texte numérisé non relu

LA CHAUVE-SOURIS, LE BUISSON, ET LE CANARD

Le buisson, le canard, et la chauve-souris,

Voyant tous trois qu'en leur pays

Ils faisaient petite fortune.

Vont trafiquer au lion, et font bourse commune. Ils avaient des comptoirs, des facteurs, des agents

Non moins soigneux qu'intelligents.

Des registres exacts de mise et de recette.

Tout allait bien: quand leur emplette.

En péissant par certains endroits

Remplis d'écueils et fort étroits.

Et de trajet très difficile, Alla tout emballée au fond des magasins

Qui du Tartare sont voisins.

Notre trio poussa maint regret inutile ;

Ou plutôt il n'en poussa point:

Le plus petit marchand est savant sur ce point: Pour sauver son crédit, il faut cacher sa perte. Celle que, par malheur, nos gens avaient soufferte Ne put se réparer: le cas fut découvert. Les voilà sans crédit, sans argent, sans ressource,

Prêts à porter le bonnet vert.

Aucun ne leur ouvrit sa bourse.

Et le sort principal, et les gros intérêts,

Et les sergents, et les procès,

Et le créancier à la porte

Dès devant la pointe du jour, N'occupaient le trio qu'à chercher maint détour

Pour contenter cette cohorte.

Le buisson accrochait les passants à tous coups:

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