‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 306 sur 318 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

Bien que de leurs abois ils perçassent les nues. Il ne put soupçonner ce tour assez plaisant. Quelque terrier, dit-il, a sauvé mon galant : Mes chiens n'appellent point au-delà des colonnes

Où sont tant d'honnêtes personnes.

Il y viendra, le drôle ! Il y vint, à son dam.

Voilà maint basset clabaudant ; Voilà notre renard au charnier se guindant. Maître pendu croyait qu'il en irait de même Que le jour qu'il tendit de semblables panneaux; Mais le pauvret, ce coup, y laissa ses houseaux : Tant il est vrai qu'il faut changer de stratagème. Le chasseur, pour trouver sa propre sûreté. N'aurait pas cependant un tel tour inventé; Non point par peu d'esprit : est-il quelqu'un qui nie Que tout Anglais n'en ait bonne provision ?

Mais le peu d'amour pour la vie

Leur nuit en mainte occasion.

Je reviens à vous, non pour dire

D'autres traits sur votre sujet;

Tout long éloge est un projet

Peu favorable pour ma lyre :

Peu de nos chants, peu de nos vers, Par un encens flatteur amusent l'univers, Et se font écouter des nations étranges.

Votre prince vous dit un jour

Qu'il aimait mieux un trait d'amour

Que quatre pages de louanges.

Agréez seulement le don que je vous fais

Des derniers efforts de ma muse :

C'est peu de chose; elle est confuse

De ces ouvrages imparfaits.

Cependant ne pourriez-vous faire

gSp FABLES DE LA FONTAINE

Que le même hommage pût plaire A celle qui remplit vos climats d'habitants

Tirés de l'île de Cythère ?

Vous voyez par là que j 'entends Mazarin, des Amours déesse tutélaire.

Page 1