‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 31 sur 318 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Ne sait sur qui venger le tort qu'elle a souffert. EUe gémit en vain ; sa plainte au vent se perd. Il fallut pour cet an vivre en mère affligée, L'an suivant, elle mit son nid en lieu plus haut. L'escarbot prend son temps, fait faire aux œufs le

saut:

La mort de Jean lapin derechef est vengée. Ce second deuil fut tel, que l'écho de ces bois

N'en dormit de plus de six mois.

L'oiseau qui porte Gan5nnède Du monarque des dieux enfin implore l'aide, Dépose en son giron ses œufs; et croit qu'en paix Ils seront dans ce lieu ; que pour ses intérêts Jupiter se verra contraint de les défendre:

Hardi qui les irait là prendre.

Aussi ne les y prit-on pas.

Leur ennemi changea de note, Sur la robe du dieu fit tomber une crotte : Le dieu la secouant jeta les œufs à bas.

Quand l'aigle sut l'inadvertance.

Elle menaça Jupiter D'abandonner sa cour, d'aller vivre au désert,

De quitter toute dépendance;

Avec mainte autre extravagance.

Le pauvre Jupiter se tut.

Devant son tribunal l'escarbot comparut,

Fit sa plainte, et conta l'affaire.

On fit entendre à l'aigle, enfin, qu'elle avait tort. Mais les deux ennemis ne voulant point d'accord, Le monarque des dieux s'avisa, pour bien faire, De transporter le temps où l'aigle fait l'amour En une autre saison, quand la race escarbote Est en quartier d'hiver, et, comme la marmotte,

Se cache, et ne voit point le jour.

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