‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 61 sur 318 · LE LION DEVENU VIEUX · texte numérisé non relu

LE LION DEVENU VIEUX

Le lion, terreur des forêts, Chargé d'ans, et pleurant son antique prouesse. Fut enfin attaqué par ses propres sujets,

Devenus forts par sa faiblesse.

Le cheval s'approchant lui donne un coup de pié. Le loup un coup de dents, le bœuf un coup de corne. Le malheureux lion, languissant, triste, et morne, Peut à peine rugir, par l'âge estropié. Il attend son destin sans faire aucunes plaintes; Quand voyant l'âne même à son antre accourir: Ah! c'est trop, lui dit-il: je voulais bien mourir; Mais c'est mourir deux fois que souffrir tes atteintes.

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