LES DEUX MAURES ET LE CHEVAL
Biram venait de vendre à Mohtar son Cheval (ij. Ils voyageaient de compagnie.
L’acheteur cheminait monté sur 1 animal ; léantre suivait à pied, triste et séchant d’envie. Vint l’heure du repos. Nul abri, nul couveit Ne défendait nos gens du soleil du désert (3);
Le vendeur se couchait à l’ombre raccourcie (4) De son ancien coursier. L’acheteur réclamait :
« Ce Cheval m’appartient, disait-il en colère;
.l’ai seul droit à l’ombre qu’il fait. »
La mobile oasis fut un sujet de guerre.
On s’est battu pour moins. Le vendeur répondait ; Souviens-toi mieux de notre affaire.
Oui, je t’ai vendu l’animal ,
Mais je ne t’ai pas vendu l’ombre — « C’est vrai, dit l’acheteur, la ruse n’est pas mal. Hc bien! chacun son lot: reste au Irais sans encombre.» Et puis, au grand galop, il partit à cheval.
^ ^ ^ -^-O' 'tî A