‹ Fables sénégalaisesChapitre 19 sur 44 · FABLE XIX · texte numérisé non relu

FABLE XIX

LE RAT P^VLMISTE

Dans un congrès diplomatique (2) ,

Congrès où des princes, des rois,

Des princes et des rois d’Afrique,

Réunis par mes soins, discutaient sur leurs droits, Sur la guerre ou la paix publique ;

L’apologue , comme autrefois ,

Assaisonnait la politique (3),

Diplomates français, plus savans, plus adroits,

ÎVe vous moquez pas trop de cet usage antique.

C est a peu près votre pratique,

La fable est un mensonge; on ment aussi chez vous; Devenez des menteurs aimables;

Pour Dieu, messieurs, amusez-nous,

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Et du moins faites-nous des fables.

fve roi Mam-dou-Kouri (4) nous le contait un jour: En affaire, ainsi qu’en amour,

Des plus brillantes apparences Sachons nous défier. Les présens, les trésors.

Et les plus riches espérances ,

Ne sont rien quand nous sommes morts.

Un Rat palmiste, à queue épaisse,

A fourrure argentée, à l’air brusque, à l’œil vif, D’un pied leste, d’un pied craintif,

Trottait, grimpait, sautait sans cesse.

Gueux comme un rat, dans sa jeunesse Il bravait du chasseur les pièges et les coups.

Mais , ce changement n’est pas rare î Avec l’age il devint ambitieux, avare.

Lors le chasseur lui dit : « Compère, arrangeons-nous: R.at , préte-moi ta peau; je devrai te la rendre Toute pleine d’argent et d’or. »

Le Rat, par l’appât d’un trésor,

Dut-il se laisser prendre?

SÉNÉGALAISES.

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