ESI
tribus (le Maures nomades^ (jui n’oiit pas d’habitations fixes, mais (|ui vivent dans des camps mobiles sous des tentes grossières faites de poils de chèvre et de cliameau. Cette population, dont l’ètat , les iiKcurs rappellent les premiers âges du monde, n’est pas le spectacle le moins curieux (|ue présente au voyaeeur une contrée si intéressante sous tous les rapports.
(4) Où dort près de lui sou cheval.
Le Maure, comme l’Arabe, affectionne beaucoup son cheval; Il lui donne des soins tout particuliers. L’animal est, en quelque sorte, considéré comme faisant partie de la famille. Il passe la nuit à l’entrée de la tente de son maître; souvent meme il trouve place dessous.
(5) Où les nègres joyeux battent leurs gais tain})ours.
Les nègres du Sénégal sont extrêmement gais ; ils battent du tambour, chantent et dansent tous les soirs
et pendant une grande partie des nuits. (Voir la note /, du prologue.)
(6) Dont les Irauçais ont doté ce pays.
Ceci fait allusion aux cultures coloniales commencées sur les bords du Sénégal, dans le pays de Walo.
FABLES
Quoique les indigènes ne puissent pas se faire une idée ni de l’importance, ni des immenses deVeloppemens que cette intéressante entreprise est susceptible d’acquérir, cependant ces maisons , ces jardins , ces établissemens d’un genre si nouveau , attirent la curiosité des nè2:res voyageurs et servent de texte au loin à toutes les conversations.
(7) Chez les Foulhs, peuple fanatique.
Les Foulhs (on dit aussi Poulhs et Peulhs) habitent le pays de Fouta-Toro, situe sur la rive gauche du Sénégal, au-dessus du Walo. Ces nègres sont possédés du double fanatisme de la religion musulmane et de la liberté. Ils sont gouvernés par leurs marabouts, qui ont constitué une république théocratique, et qui sont réputés les plus savans, les plus habiles de toutes ces contrées.
(8) Du morfil à Galam et de l’or au Bondou.
Dans le commerce du pays, on appelle morfil les
dents d’éléphants, l ivoire.
Galam est le nom commun que l’on donne à divers petits états vers le haut du fleuve. La France y possède le fort de Bahél , destiné à protéger ses relations commerciales. C’est un point de départ magnifique, inap-
SENÉGALAISKS.
preciable , pour l'aire pénétrer un jonr les produits français dans l’inte'rieur de rAfrique. On traite à Oalam beaucouj) d’ivoire.
Le Bondou est situé au-dessus du Fouta-Toro, jus- ({uà la rivière de Falémé, Le voisinage du Ijanibouk , des rap])orts continuels avec ce pays, si abondant en mines, mettent a la disposition des Lcjndous une assez grande partie de l’or qu’on exporte du Sénégal.
(9) Aux cataractes de Fèlou.
Au-uessus de Galam , le fleuve est barré ]jar les rochcis de Fèlou, d ou l’eau tombe en cascade. La cbule est d’environ /jo pieds dans les basses eaux ; mais elle dispaiaît dans la saison de la crue du fleuve, il est remarquable que Syène et Fèlou sont à-peu-près à une égalé distance de la mer, et (jue l’élévation des eaux et leur débordement suivent la même marche, les mêmes proportions, produisent les mêmes eflets pour le Nil et pour le Sénégal, (jui présentent, sous JAien d autres rapports, la plus surprenante analogie.
(10) Comme souvenir une arête.
C’est à-peu-près ainsi qu’en France, dans certaine classe, on se donne, comme souvenir d’une commission, une épingle qui s’allaclie ordinairement sur la
manche. Ne voit-on pas aussi cl’importans personnages mettre, avec la même intention , un petit morceau de papier dans leur grave tabatière?
(il) Bien plus qu’aucun poisson de mer ou de rivière.
Les nègres aiment à imaginer, pour ce qui les étonne, des explications plaisantes ou bizarres. C’est un amusement, un simple jeu d’esprit. Ils s’évertuent, en parlant d’un fait naturel, à qui lui supposera l’origine ou la cause la plus singulière. On trouve quelquefois, dans ces contes, des idées ingénieuses, plus d’intérêt et d’art qu’on n’en attendrait. Ces espèces de plaisanteries ne nous sont pas étrangères; nos anciens fabliaux en sont remplis; Rabelais en fournit beaucoup d’exemples.
F/VBLE XXV I I.
LA COL km:
TJn Kéclo (2) querellait un grave personnage (3). Il étincelait de fureur;
C’était des hurlemens, des cris à faire peur. ' L’autre, sans dire un mot, écoutait ce ta|)agc.
Que ne ré])ond-ll ? disait-on :
Comment, n’ayant pas tort, souffre-t-il cetoutraire? Qu’il lui parle du meme ton ! »
Mais, sans s’émouvoir davantage.
Le sage j'cpartit : « J’entends dans la foréi l!n Lion qui rugit et de faim et de rag(‘;
Allez lui dire, s’il vous plaît,
Qn il a fort, qu’il devi’ail s(‘ taire.
id.
FABLES
S’il reçoit bien votre leçon ,
Je croirai qu’un homme en colère Peut entendre aussi la raison. »
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