‹ Fables sénégalaisesChapitre 27 sur 44 · FABLE XXVI · texte numérisé non relu

FABLE XXVI

l’obü (‘K

Certain poisson, TObo, s’en allait en voyage; Il remontait le Sénégal.

Il devait observer, d’un côté du rivage,

Le nomade, en son camp, sous sa tente sauvage (3) Où dort près de lui son cheval (4)- Il devait s’arrêter devant chaque village Où les nègres joyeux battent leurs gais tambours (5) Où leurs filles , dansant sous un ciel sans nuage , Chantent leurs jeux et leurs amours;

Voir aux champs du Walo les plantes étrangères. Les maisons , les jardins , les cultures prospères Dont les Français ont doté ce pays (6).

H voulait, en passant; acheter des gris-gris

SÉNÉGALAISES.

Chez les Foiilhs, peuple fanatique (^7), Du morfil a Galani et de l’or au Bondou (^8). Il devait terminer son voyage en Africpie, Aux cataractes de Félon

Le départ de 1 Obo devint un jour de fête Parens, amis, voisins, chacun d’eux lui donna Quelque commission, qui ceci, qui cela;

C’était de quoi perdre la tête.

A chacun l’Obo demanda Comme souvenir une arête (10).

Mais sans rien rapporter le drôle la garda.

Combien de gens ainsi gardent t:e qu’on leur prête!

C est, dit-on, depuis ce temjis-là, Qu’enrichi de cette manière,

Viaretes bien pourvu, l’Obo lui seul en a Bien plus qu aucun poisson de mer ou de rivière ( , ,

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