FABLE IL
LE CHACAL l’ÉLÉPHANT
ET l’hippopotame
Le Chacal empruntait un Bœuf à l’Éléphant: a J’en rendrai, disait-il, un autre bien plus grand. Grand et gros autant que vous-méme. »
Eh ! pensa le préteur, c’est gagner cent pour cent. Et d’avoir un tel bœuf mon envie est extrême.
« Tope, mon cher ami. » Le Chacal vint offrir Meme affaire à l’Hippopotame.
« Un bœuf gros comme moi ! c’est avec grand plaisir; Cela surprendra bien mes enfans et ma femme! (4) J’y consens, lui dit-il, sois fidèle au traité. »
Mais lorsque arriva l’échéance, iVotre Chacal fut tourmenté;
FABLES
Car les deux créanciers , chacun de leur côté ,
De voir le monstre bœuf brûlaient d’impatience. Le Chacal dit à l’un : « Votre bœuf est au bout, lenez bien cette corde, et tenez bien surtout.
Car il est gros et fort; quand je vais vous le dire. Vous tirerez à vous, w II court à l’autre sire:
« Seigneur Hippopotame, il faut sortir du trou (5) .1 amène votre bœuf, et voici son licou ;
Veillez à ce qu’il ne s’en aille!
Tirez la corde, allons! » Nos créanciers joyeux Tiraient chacun d’un bout sans rien faire qui vaille.
vancait on d’un pas? on en reculait deux.
« Ah ! l’honnéte Chacal, comme il tient sa promesse! Son Bœuf est assez fort pour me faire broncher; Un Bœuf me résister ! Jusqu’au bout de sa laisse , S’écria chacun d’eux, je m’en vais le chercher. » Mais , suivant dans le bois la corde en sens contraire , Ils se trouvèrent nez à nez (6).
(( Oh ! oh ! dit l’Éléphant : compère ,
Je tirais cette corde et vous la reteniez! v — Quoi! e’était vous qui me tramiez?
Que faites-vous donc là? reprit l’Hippopotame.
— « Je vous croyais un Rœuf. — Un Bœuf! que dites-vous?»
— c(Uii Bœuf que le Chacal...- — Le Chacal! (juclle tranud Mou cher, il s’est moqué de nous. »
Ne prêtons pas par avarice,
Ta redoutons l’appât d’un trop grand l>éncfiee.