FABLE XXVIII K
l'ibis (*>.
Notre sotte vanité S'accroche à la moindre branche; Tout fier d'avoir la peau blanche (3) y En Afrique un Chasseur, sur leur crédulité, Raillait de pauvres Noirs (4). « Quelle insigne folie! Croire aux oiseaux sacrés et ménager leur vie (5) !
O honte de l'humanité !
On s'est moqué de vous. » Et, brav^M^t leurs prières,
Sur un Ibis il se mit à tirer.
Le coup part , l'oiseau tombe. Avant que d'expirer, L'Ibis di( , palpitant d^ns ses mains meurtrières : n Quel mal vous ai-je fait? En messager des dieux, Mon arrivée annonce dans ces lieux Le débordement des rivières (6) ,
SÉNÉGALAISES.
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Ite que l'autre ; son vol est très-ëievé ; on le *e par bandes de quinze à vingt.
) Tout fier d^avoir la peau blanche.
nille soUes vanités qui font honte à la raison e y je n'en ai pas connu de plus ridicule , de ^prisable, que celle qui juge et classe les homr la couleur de la peau. Cette extravagance , .range maladie de l'esprit européen , à laquelle ont de croire les siècles à venir, ne peut être )prëciée que par celai qui a pu, philosophiquet de près, observer les blancs et les noirs. L'orle la supériorité, l'esprit de la domination , se mtir d'autant plus brutalement qu'ils ont moins ni y moins d'occasion de s'exercer. Aussi les ^ts marseillais , les soldats bas-bretons , les homplus grossiers, les plus dëpendans , sont suriux qui abusent de ces préjuges anti-naturels, [marqué avec un sentiment pënible que, dans lasse plus élevée, cette manière de voir était (paiement caressée par les individus qui parlent isde liberté, d'égalité politiques; comme si les fables principes libéraux ne devaient pas avoir Ir objet plus encore d'élever ceux qui sont au-desj nous que d'abaisser ceux qui se croient au- ! plus encore de ne pas constituer des aristc-
V Ann^ par «a&cn ks ûoer*^
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s'en TVt ne sait pas les comprendre.
. jufte» vas sans entepdre ; ^îo»*^^^' creusez; chaque chose a du bon- -^gno'^*'*^ On peut encore apprendre.
Sénégal, paraissenl avoir produit les mêmes effets. C'est un des mille traits de ressemblance qu'offrent ces deux pays. »
(7) Je détruis par milliers les insectes fangeux.
IZihis se trouve presque toujours sur les terres nouvellement abandonnées par les eaux des inondations ; on le vqil continuellement occupé à fouiller la fange avec son bec , pour se nourrir des insectes , de leurs œufs et de leurs laides, qui, sans l'innombrable quantité d'oiseaux aquatiques répandus alors dans le pays, infesteraient le sol, et rendraient la culture presque impossible. Les nègres le savent bien ; ils ont soin d'attendre, pour faire leurs semailles, que les oiseaux consacrés aient, en quelque sorte, purifié leurs champs ; nous avons éprouvé nous-même , dans le dédain que nous avions pour les pratiques du pays , que les graines confiées trop tôt à la terre , après les débordemens , sont ordinairement perdues , ou que leurs jeunes pousses sont dévorées par les insectes.
(8) Et des venimeux reptiles
Je purge vos champs joyeux.
Les Egyptiens, suivant Hérodote et d'autres anciens auleur?, considéraient les ibis coipme des destructeurs
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de serpens et de reptiles veDimeux ; ce service qu'ils rendaient était même, dit-oo, la principale cause du culte qu'on leur vouait. M. Guvier prétend , en effet , avoir trouve dans une momie dUbis des dëbris non encore digérés de peau et d'écaillés de serpens. Cependant cette vieille opinion est très-controversée, et l'on ne peut nier que Forganisation des ibis et leurs habitudes naturelles ne paraissent répugner à une semblable destination. Je n'ai découvert au Sénégal aucun fait qui puisse donner des éclaircissemens positifs sur cette question. Je crois qu'elle est trop généralisée , et qu'on se tiendrait dans les limites du vraisemblable, en pensant q ue Vibis ne peut guère attaquer les grands serpens, mais qu'il doit se nourrir des jeunes reptiles qu'il rencontre en quantité sur les terrains humides, dans les circonstances et pendant la saison qui semblent convenir le mieux à leur naissance.
P^os champs joyeux n'est pas une expression au hasard; les Sénégalais sont généralement gais. Leurs travaux de culture se font en chantant, en cadence,
et souvent au bruit de leurs tambours.
(9) X^s honneurs de la momie.
On trouve en Egypte plus de momies ai ibis que d'aucune autre espèce d'animaux consacrés. Il en existe dans tous les cabinets de l'Europe.
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de serpens et de reptiles veninreux; ce service qu'ils rendaient était même, dit-on ^ la principale cause du culte qu'on leur vouait. M. Cuvier prëteud , en effet , aNOÎT trouve dans une momie d^ibis des dëbris non encore digérés de peau et d*écailles <le serpens. Cependant cette vieille opinion est très-controversëe , et Ton ne peut nier que Forganisation des ibis et leurs \ia\)\lndes naturelles ne paraissent répugner à une semblable destination. Je n'ai découvert au Sënégal aucun fait <\m paisse donner des éclaircissemens positifs sur cette question. Je crois qu'elle est trop généralisée , et (\tt' on se tiendrait dans les limites du vraisemblable, en pensant que Y ibis ne peut guère attaquer les grands ^rpens, mais qu'il doit se nourrir des jeunes reptiles qu'il rencontre en quantité sur les terrains humides, dans les circonstances et pendant la saison qui semblent convenir le mieu:!^ à leur naissance.
f^os champs joyeux n'est pas une expression au hasard; les Sénégalais sont généralement gais. Leurs travaux de culture se font en chantant, en cadence,
''t souvent au bruit de leurs tambours.
(9) JLes honneurs de la momie.
'ouve en Egypte plus de momies d*ibis que cune autre espèce d'animaux consacrés. Il en e dans tous les cabinets de l'Europe.
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-Tfi
^ ^^, '^it dans mille enlacemens
*-^ ^ qui , d'humeur confiante ,
Syr ^ssait à ces embrassemens.
jle ^**it ainsi jusqu'au moindre Branchage;
it f^ ^* si tête an-dessus du sommet, ^ ^sultait au voisinage,
^fmâ!^ *^ ^bienfaiteur que sa masse opprimait.
,, jf ^ ^'*»grat modèle exécrable , Lui ^^^ ^^* Arbre agonisant, ^^ ^^ot^^^^^ ^^ appui secourable, Tu tn'éfcF*^^^^^ en m'embrassant.
Ma mort va ve^^^^^^ ta grandeur épbémèie Et réparer le tor^ que feus en t'élevant; Si mon front desséché tombe dans la poussière , u tomberas a^*^ ^ *^ tomberas vivant! »
l'iOurd