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FABLE XLII

LE VER-LUISAIfT, LA GHEITJLLE ET l'oISEAU.

Un Ver-luisant, le soir, brillait sous la charmille;

Près de lui certaine Chenille Perdait tout son éclat pendant Tobscurité,

Et se mourant de jalousie , Prêchait à son voisin moins de coquetterie ,

Le goût de la simplicité ;

Comme les prudes, les coquettes, Quand leur temps est passé, sermonnent les fillettes.

« A quoi bon tous ces vains atours

Et cette brillante parure ?

Ce n'est qu'orgueil , vanité pure ; Tout cela vous expose à de malins discours , . * Et même à des dangers; j'en frémis, je vous jure.

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Vojez-Tous cet Oiseau? Vers vous, la chose est sûre.

C'est votre éclat qui le conduit ; C'en est fait de vos jours !» — « Jalouse créature , Loi dit l'Oiseau 9 tais-toi : s'il luit sur la verdure. Ce n'est pas par orgueil , c'est pour que dans la nuit

Je puisse en faire ma pâture , Car tout pour les Oiseaux est fait dans la nature. » Mais le Ver repartit : « Le doux besoin d'aimer

Inspire le désir de plaire ;

Vous ignorez mon doux mystère :

Moi, j'indique, en brillant, ma couche solitaire (i)

I A l'amant qui doit la charmer;

Ainsi , ma modeste lumière £st le signal heureux, le fanal de Tamour.

Je sais trop combien je m'expose ; Mais je préfère aimer, et ne vivre qu'un jour. ^^ Apprenez ma métamorphose ;

Toujours même sort me conduit :

Je suis Héro , toujours aimante et tendre , Allumant, lorsque vient la nuit, Le feu qui doit guider Léandre. »

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parler pour ainsi dire de loin. Si le plus grand nombre des insectes ne peuvent pas signaler leurs désirs par un semblable éclat , la nature a mis d'autres procédés à leur disposition. Les uns, et toujours principalement les femelles, sont munis d'espèces d'instrumens de musique, d*archets, de crécelles, de tambours , dont la construction est très-remarquable ; à ces concerts d*amour, les mâles sortent de leurs retraites et se dirigent vers le Ii«u d*où partent les sons qui les appellent. Beaucoup d'insectes exhalent des odeurs qui signalent leur présence et leurs désirs. Combien d'autres bruits, d'autres émanations produisent le même eiTet ? Ils échappent à nos sens , mais ils ne sont pas perdus pour ceux que la nature a destinés à les percevoir.

Ces vers lumineux, si agréables à voir dans la campagne, ne deviennent que plus intéressans encore lorsqu'on sait qu'ils portent , en quelque sorte , les flambeaux de leur hymen , que les clartés qu'ils répandent sont des phares , des signaux destinés , dans le silenee et l'obscurité des nuits , à faire naître , à slifnuler les plaisirs de l'amour !

Ainsi Héix) allumait , du haut de sa tour , le feu qui , sur les eaux , devait diriger liéandre.

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C'est par ici , j'en suis certain. »

— « £h ! non , c'est par là qu'il faut prendre. »

— « Ne voulez-vous pas me l'apprendre ?

Je le savais déjà, que vous n'étiez pas né ! »

— « Le diable soit de l'obstiné ! » ~

— Oui* — Non. — Enfin, grande querelle, Et, se disputant de plus belle,

Us allaient en venir aux coups.

Un passant sépara ces fous.

« Contez-moi, leur dit-il, quel sujet vous divise. » — «Je dis que mon chemin est par là. » — - « Morbleu, non , Le mien est par ici. » — « Voyez votre méprise;

Vous avez tous les deux raison.

Vous allez à Paris , c'est par là qu'il faut prendre ; Vous, vous allez à Rome, en voici le chemin. »

L'homme préoccupé ne voit que son dessein; Il le suppose à son voisin.

Ceci peut encor nous apprendre Que si l'on dispute sans fin , ^

C'est toujours faute de s'entendre.

tri» f|/((i* tiini.iin fl" l«iir Uméiate'

SENEGALAISES. 271

Mais malheur, oui, malheur aux amans que l'absence

Sépare à la fleur de leurs ans !

Les ennuis , les regrets , les désirs impuissans

Empoisonnent leur existence !

Voyez ee Palmier qui s'élance Seul , seul , au milieu des déserts.

Sur sa haute colonne oscille son feuillage £n larges éventails étalé dans, les airs (3); Lorsque le vent l'agite, ainsi que d'un nuage.

Un bruit lointain, mystérieux.

Descend et retentit sur le sable sauvage, ûaas ce feuillage immense et perdu vers les cieux S'entr'ouvrent mille fleurs nouvelles ; Mais toutes ces fleurs sont femelles (4) ; iucun autre Palmier , dans cet isolement , Ne peut les féconder par de doux hyménées ; Aussi ces fleurs, bientôt fanées, us produire de fruits , se sèchent tristement. j

Dans l'oasis du voisinage , I une Palmier mâle arrive-t-il à l'âge

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,.„p.ai..nt ^^y^'

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Ce que tu fais pour une plainte, Faîs4e pour moi; pars, vole; et des bords trop lointains. Dont le vif souvenir me <;hanne et me tourmente, Yite, rapporte-moi, dans les champs africains,

Les doux baisers de mon amante !

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. SÉNÉGALAISES. 275

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m^U^ ^ ^ ^^ 1» sensitivc qae dans le polype ? l'irri-

dës lo .* ""'y est-dlc pas plus prononcëe ? Peat-oo

TcK^i J^. **«Hbuer la Êicalté de sentir aax animaux , à

noces "T^***^""*"^ *« plantes ont lears sexes, leurs ^^ * ^ ur fécondation, qui suivent la même marges ^•!î!^ ^^^eloppent la'même irritabililk, qui offrent «ocor^ 1 i*nenomenes que dans les animaux ; mais ^*** «Ho* V*" modes de la gënération ne présentent "^ e»ai *** ^'ïalogie entre ces deux espèces d'êtres. ï****» ou ^' ^«nposëe, comme l'œuf, d'enveloppes ^^*cU^ **** dures et nombreuses , d'un embryon

^ ^'^lista ^^* enveloppes , et d'une petite provision ^*^*P^res ^^ ^^^^^^^'^^' Si beaucoup d'animaux sont 4ue 1 ^^^ dire, en quelque sorte, que c'est t jj» ^^''^ ®"^* ^closent dans la matrice ou au ne ^^ ^^'^" * ^'existe-l-il pas aussi des graines ^ ^. ^'^5 ie fruit encore suspendu à la bran-

^ t.; ^^'^'^'n* végétaux se reproduisent sans » par f, ^

bsiq s ou par boutures, ne sail-on

fcl(^^ '' '^^ /ï^rew (vers aquatiques)

I (J^^ pUeat de la même manière?

.1 .^M .ircafion positive entre le règne

Jtai ?

-ils aJ>Av]à^onné celte ancienne

'^-i-fî»-^-.

. le plas comiDon qui soil «n Sénég»!. Sur on*

«8» ae 5o à 80 pieds de li«at. il porte m» bouquet «»e feoiUes palmée», en forme Xéventaih, et dont «««■eone a jusqu'à 8 et lo pieds de diamètre. — V» •■ Poccasion de décrire ce beau palmier dans la note ^ ^ U fable XJY, Us Sùige* et le ChacaL

(4) Mù* tontes ce» fleurs »o*t femdles.

»-» plu» ordinairement, la même fleur réunit et ' '*«»«'«*me les deux sexes, sous une seule enveloppe, ***«»« pour les pommiew, les cerisiers, etc.; on la **"••«>« alow^fear hermaphrodite. Quelquefois, sur Jl*"* •»>«>«ie plante, une fleur conUent U parUe maie, c^' *""« fa partie femelle ; tels sont les melons, les ^:*«*s; ce„e plante est dite mo«oïî«e. D'autres fo«, ^. " ' "«e pilote ne porte que des fleurs mâles , tandis «me !* '«"»* /ndividu de la même espèce ne produit ^0. 7 ^<'»^ /femelles; dans ce cas se trouvent beau- %' •>«/, ier^ , et notamment les rondiers ; c est ce j '/c des plaxAfti cUoïques.

A ,■ is^ savent, de toute ancienneté, que,

W X,«f oPPer le fruit du dattier ou du p.s- » '*;t.-* i«P««.able que les individus mâle.

' voisinage des individus femelles. He- ^'^ ^ «« , de son temp. déjà , les Égyptiens

SENEGALAISES. 279

ane mâle. L'^tamiDe se compose de deux parties, le

filet plus ou moins long, et l'aDthère qui fait bourrelet

à rextrëmitë supérieure de ce filet. L'anthère contient

{t pollen ou la poussière fécondante, que Faffinité, la

contraction , les insectes , les vents portent sur le

^îstil on la partie femelle de la fleur.

Là classification botanique de Linnëe y si connue

sous le nom de Système sexuel , est principalement

fondée sur le nombre et la disposition des ëtamines.

Leur position , leur insertion est également un des plus

imporlans caractères qu'ait adoptés Jussieu dans sa

Méthode naturelle.

{i) k Tépandn éAus L'air la Tapeor fécondante.

C'csl-à-dire le pollen , la poussière vivifiante que I tiennent les anthères, l^ pollen est composé d'une ombrable quantité de corpuscules organisés, qui dilatent à l'humidité , et font jaillir une matière

gazeuse, qui devient perceptible

'e l'eau. Cette poussièra , extrê-

:tée très-loin , par les venta , sur

u ^lle féconde ; de sorte que , dans

ilurelle, que les anciens semblent

r exactement vrai de dire que le

ager d'amour.

.Je

de

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^^*****^ ï4i? * '^'^^ ^^^ femelle puisse se trcmver fô-

'^ fH4§^ ^^^iques grains de pollen enlevés sur des

ojj **^^*Te ^ ^'^^ees à d'assez grandes dislances ?

H}^ ^c ' "^ remarquer qu'il est Irès-probable

^^ ^ ^ <|tj^ ^^tion s'opère moins par le pollen lui-

«^^ ^*Hu*î| "^ ^* substance volatilisée, presque ga-

Iti^ ^^fi£^ ^'l^'^me, et qu'on nomme corn mnnëmenl

^ti^^^*^ ^tiK^^' ^^^ pollinique. Il est très-concevable

*^^t^^ ^^ ^î ^'«nce, excessivement subtile, répandue

^ '^^ai^^ ^iv ^"^ '''^-grande abondance, exerce son

t^^*^^*^^^t* ' '^^Ofe extrêmement loin. Les animaux

^)^ ^»*^ **^t» ^eurent et se reconnaissent , quoique

^^ ^ ^^i> ^^ espaces considérables. Pourquoi la

^^t. ^^i> ^ '® ^/t moins pour la reproduction des

\^^*^ * ^w. oeJIcs— ci ^ privées de la faculté de se

^^t j>Ikms besoin de semblables res-

^j^ wfé /«• Créait suivant comme une preuve ^té c/«^ XL.innf>e . et de la confiance au' il

^té €/«^ XL.ixinëe , et de la confiance qu'il ^/flcjj:»^^ sur lesquels il fondait son

le ^:r^k^^£^ femelle existait dans plu- ^aH^u^MM^tXMde et de la Belgique, mais

individu, cultivé à Leyde,

<3a ; Linnée avan<ja qu'il de-

^»iaâle dans les environs : on

-roi

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