FABLE VIII
LE-I-OUP VOULAICT FAIRE LE TABASKI ^'^
« C'est demain TabasAiy dit un Loup, vite en quête !
Je n'ai jamais fkit cette fête , Mais j'espère demain m'amuser comme un roi.
Je prétends qu'on parle de moi (a).
Je ferai dans quatre villages
En un jour quatre bons repas. »
Notre Loup d'enlever quatre Moutons bien gras ,
Honneuf des plus beaux pâturages , Et de les envoyer, de" côtés différens,
A des amis, à des parens.
Dans quatre bourgades voisines.
A chacun il écrit : « Préparez le festin; J'irai faire avec vous le Tabaski demain.
Le taiii-tain(3) des griots(4) et leurs chansons badines Devront me prévenir à l'heure du Tisbar^S);
Du Mouton je prendrai ma part. »
Notre Loup ne rêva qu'à ses quatre cuisines ; Il se léchait la barbe et s'aiguisait la denL
L'orgueil et la gloutonnerie Dans leurs petits calculs se trompent bien souvent. Le Tabaski venu, notre gourmand s'ennuie; A jeun, pour mieux, dîner, il écoute, il attend.
Au village de l'Est on commence le ch^t.
Et le bruyant tam-tam au festin le convie :
« Pan, pan, lataplan, pan, pan(6)y « Seigneur Loup, viens à la fête; « Pan, pan, rataplan, pan, pan, « Seigneur Loup, la table est prête.
« Pan, pan, rataplan, pan, pan. ^ lue mangeur de Moutons vers ce côté s'avance : « Vite, courons, dit-il, dépêchons ce repas^; J'en aurai trois ensuite. » — Il n a pas fait dix pas Que du côté de, l'Ouest la musique commence : « Pan, pan, rataplan, pan, pan,
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« Seigneur Loup, viens à la lete;
a PaOy pan, etc., etc. a XI rebroasse chemin vers cet. autre village; Un nouveau chant au Nord l'arrête en son voyage :
« Pan, pan, rataplan, pan, pan,
« Seigneur Loup, etc. •> C'est vers ce dernier point qu'il résout de se rendre; Mais aussitôt au Sud le chant se fait entendre :
« Pan, pan, rataplan, pan, pan,
« Seigneur Loup, viens à la fête; .
« Pan, pan, rataplan, pan, pan,
« Seigneur Loup, la table est prête.
« Pan, pan, rataplan, pan, pan. »
Son embarras redouble; il écoute, il s'arrête :
Le pauvre diable en perd la tête.
Il voudrait à la fois suivre quatre chemins
Et dîner dans quatre villages.
Aller d'un seul côté, c'est perdre trois festins; C'est faire, à ses dépens, rire tous leâ voisins! Il court à droite, à gauche; il fait mille voyages i Et n'arrive jamais. — Cependant les moutons Sont dévorés sans lui. -Déjà la nuit commence;
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