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LES DEUX COUSINS

Un homme de ceux-là, que nommait La Fontaine,, Demi-bourgeois, demi-manants.

Faisait des vers a la douzaine;

Il fournissait les quatre aux cents,

Tel e'tait son plaisir; après tant de disgrâces,

Qui, sur l’esprit humain, laissent toujours des traces, Phoebus seul lui faisait la loi ;

C’était par le journal qu’il connaissait le roi.

Un cousin vient le voir de la ville;

Possesseur d’un talent facile.

Il dessinait les champs; la campagne a son prix Pour qui vient de Paris.

Ce cousin donc dessinait à merveille;

Arrivé de la veille,

Il avait déjà peint l’eau, la terre et les cieux;

Celui qui les a faits reconnaîtrait les lieux.

Pour rendre le soir moins durable,

L’homme aux vers lisait une fable,

Une fable de sa façon.

Lorsqu’une autre inspiration Lui dicta ce discours : L’amitié nous rassemble ; Yoila plume et crayon, il faut les mettre ensemble. Si mes fables n’amusent pas,

On s’indemnise, dans ce cas,

En jetant les yeux sur l’image,

Et votre crayon, je le gage,

Parle mieux que ma plume; et la-dessus, je fais, Pour nous deux, cette fable exprès.

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