‹ FablesChapitre 11 sur 102 · L’ÉPÉE ET LE FLEURET · texte numérisé non relu

L’ÉPÉE ET LE FLEURET

Le fleuret dit un jour â l’epee:

Vous voila donc encor de sang toute trempée ;

Que je plains votre sort!

Il fait de vous un instrument de mort;

C’est une horreur, oui sur mon âme,

Ah! c’est affreux pour une femme.

Au moins j’ai soin de m’arranger;

Moi, pour éviter le danger,

J’agis avec prudence ;

Le crime n’a jamais chargé ma conscience.

— Le crime est ton ouvrage, et n’est jamais le mien, Répond l’épée; il te sied bien,

Quand tu leur fais de la mort une étude,

Et de combattre une habitude,

De venir me reprocher, a moi,

Le mal qui ne vient que de toi.

On voit tes pareils, dans le monde.

Ourdir des complots a la ronde ;

Ils donnent pour le jour fatal.

Le brûlot , l’heure et le signal ;

Ils ont tout fait par leurs paroles,

Distribue', soufflé les rôles,

Et viennent, d’un maintien froidement imposteur. Nous crier a l’horreur! !

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