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FABLE XI

On attendait les ennemis,

L’argent e'tait caché, les trésors enfouis.

Un capucin, porteur d’une cassette,

F ut arrêté par un voleur.

Ce coffre m’appartient sans que je te l’achète: Halte là, lui dit-il, mon beau prédicateur.

Ou je te brûle la moustache Et te fais sauter la ganache.

Le père dit : je reconnais ta loi*

Voilà l’objet, ensuite écoute-moi î On doit me confier une boîte pareille,

Et qui nous convient à merveille;

Si tu consens que je sois de moitié;

J’ai vu l’argent, le sac est tout lié.

Le maître de cet or veut le placer en ville Pour être plus tranquille;

Il ne me confierait plus rien Si ma fidélité ne se prouvait pas bien.

Tire-moi, dans ma casaque.

Ton fusil ou ton pistolet;

Prends l’escopette et me la braque Sur le revers de mon collet.

J’aurai l’air d’avoir fait tête A la tempête ;

Il est bien entendu Que m’étant défendu ,

Ce sera chose des plus sûres ,

Quand mon habit montrera ses blessures; jNotre homme une autre fois me confiera son or. Et nous partagerons ensemble le trésor.

Accepte ou refuse;

Cette caisse est a toi , loin de moi cette ruse. Fort bien , dit le voleur,

Or ça, tiens-toi, mon vieux, tu n’as pas peur Ouvre-moi ta robe bien large,

Qu’a l’instant même je décharge A droite a gauche mes deux coups.

Pan, pan, bon pour deux trous;

Encore , dit le père ,

Élargissant sa haire ;

Oh ! mais je n’ai plus rien,

Dit le larron ; dans ce cas, tout va bien.

Tu m’as pris pour un bon apôtre,

Dit notre capucin : un homme en vaut un autre ; Approche et tu verras beau jeu :

Je ne craignais que l’arme a feu.

Adieu donc , tu n’es qu’une bête ,

Et tu n’auras pas ma cassette.

Pour sortir de danger sans douleur et sans bruit, La force né vaut pas la présence d’esprit.

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