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FABLE XXVIII

Un vaisseau fendait l’onde amère :

Ça vous conviendrez , j’espère,

Que sans moi , dit le bois , vous n’en seriez pas là.

Ah , vraiment vous voila ,

Lui dit la hache Qui se fâche :

J’aurais dû vous laisser , puisqu’il en est ainsi ,

Dans vos forêts droit comme un I.

Rien n’irait bien sans moi, dit le cordage,

Et je suis tout dans l’équipage.

Mais ne voyez-vous pas , dit la voile à l’envers ,

Que sans moi vous iriez de travers.

Vils ingrats , dit le vent \ quoi , sans que je vous pousse , Vous croyez avancer d’un pouce ;

Vous êtes tous des fous a mettre au cabanon ,

Repartit le canon ,

Si je n’étais pas la pour vous défendre ;

Mais un pêcheur viendrait vous prendre.

Le capitaine furieux,

Blasphémant tous les dieux ,

Fit retentir sa voix puissante :

Sans cette main que seriez-vous ?

C’est cette volonté qui vous anime tous.

L’un d’eux répond, jure, mais voila comme.

Quand tu méconnais Dieu, nous méconnaissons l’homme. Il te sied bien vraiment de nous dire aujourd’hui Que nous sommes sous toi -, mais toi, (ju’es-tu sans lui ?

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