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FABLE XXXI

Avez-vous jamais vu de plus sot animal Que celui qui laboure ainsi cette prairie.

Il est cre'é pour faire mal ;

Et le sait bien , je le parie.

Il retourne tout le jardin Et ne connaît ni dimanche , ni fête ;

U racle sans y voir , et du soir au matin ;

Est-il une bête plus bête.

Plus bête , dit la taupe , attentive au discours j C’est toi peut-être avec ta pioche ;

Pour tailler un arpent il te faut quatre jours.

Sans prendre encor le temps de fouiller dans ta poche ; Et monsieur va chercher exprès Sa bêche a l’orme Saint-Gervais ;

Son pied l’enfonce dans la terre ,

Il la retire avec ses bras ;

Ce qu’il avale de poussière

]Ne le rend pas beaucoup plus gras.

Tout cela pour qui ? pour un maître Qui dit que Grégoire est un sot ,

Et qui se moque de sa guêtre.

La bêtise , mon cher , la bêtise est ton lot. Apprends que je fais d’une patte Cent fois plus d’ouvrage que toi ;

Apprends encor que je me flatte De ne travailler que pour moi.

Si mes yeux sont petits , j’y vois même sous terre , Et ta vanité seule est une affaire claire.

Mais c’est bien la mode aujourd’hui ,

Mets-toi bien cela dans la tête :

On dit de quelqu’un qu’il est bête ,

Quand on l’est beaucoup plus que lui.

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