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FABLE XLIV

Deux bons gobets, deux malins de college A cervelle de liëge ,

Passaient, je crois, nuit et jour A rêver quelque nouveau tour.

L’un d’eux avait noyé la chatte ,

Mais chacun retrouvait l’empreinte de sa patte.

Sur le nez de mon drôle, atteint et convaincu ,

D’expier, sur-le-champ, ce crime sur son eu.

Le second , d’une haleine avait vidé bouteille -,

Le maître , qui le soupçonnait ,

Feint de porter la main a son bonnet.

En se plaignant d’avoir dans la paupière,

De la poussière ,

Disant a mon vivant, qui ne voit pas l’écueil.

Charles, soufflez-moi donc dans l’oeil.

Charles , qui ne réfléchit guère ,

Se rend a la prière,

Se trahit en donnant la preuve du larcin ;

Il souffle , et sent le vin.

Allez, mon cher , lui dit son maître.

Tout commence par se voiler ;

Mais laissez le temps s’écouler,

Tout finira par se connaître.

Ne cachez que le bien ;

Qui veut cacher le mal ny gagne jamais rien.

L’ACADÉMICIEN et le FRÈRE JGNORANTIN.

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