FABLE LUI
La huppe est un oiseau qui porte sur sa tête Un plumet circulaire en forme Tune aigrette, Fière de sa couronne, un jour,
Elle dit au serin qui chantait dans la cour, Suspendu dans sa cage au pan d’une muraille :
« Tu n’es qu’une canaille,
5> Chétif et malheureux oison,
» On a bien fait de te mettre en prison,*
» Quand le dieu des oiseaux t’a donné la jaunisse, » Il t’a ma foi rendu justice,
» Et tu méritais cet affront,
» Pendant qu’il a, sur mon front,
» Placé ce noble diadème;
» Que ne donnerais-tu pour obtenir le même. »
— Qui, moi, dit le serin, pas un grain de millet, J’aimerais tout autant la crête d’un poulet ;
Tous ceux qui, comme toi, se nourrissent de fange, Ont, dans l’orgueil qui les démange,
La tête dans les cieux pour faire croire aux gens Qu’ils ne respirent que l’encens ;
Si c’est ton chaperon, mon cher, que tu regardes. Je te préviens qu’on s’est trompé sur les cocardes. On ne croit qu’au talent ; voyons donc, si tu veux, Lequel de nous chante le mieux.
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