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FABLE LIV

Le plaisir, un beau jour, disait au sentiment:

« Mon cher ami, le bal était charmant;

» Mais on ne vous voit plus, vous évitez les fêtes,

» Vous cachez même vos conquêtes.

» Quand on peut des mortels embellir tous les jours,

» Faut-il donc vivre comme un ours?

» Venez, faisons même table,

» Vous savez que je suis aimable. »

— Mais quand on l’est pour tous, on ne l’est plus pour moi.

Que chacun donc reste chez soi,

Répond le sentiment avec un doux sourire;

Je vous crains plus que la raison;

Jamais auprès de vous, jamais je ne respire;

Votre élément est mon poison.

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