AL OMBRE DE DANTON. — LE DISTRICT DES CORDE- LIERS
Fabre d'Eglantine était, en 1789, trop besogneux et trop ambitieux pour ne pas désirer un changement de régime qui pouvait entraîner pour lui un cliangement de fortune. 11 comprenait que l'avenir allait appartenir pendant quelques années à ceux qui auraient plus d'énergie que de probité, plus d'appétits que de scrupules.
Sa situation auprès du marquis de Ximenez lui avait permis, en même temps qu'il s'insinuait, ses manuscrits à la main, dans le monde des théâtres, de se lier avec des politiciens et des journalistes dont quelques-unsdisposaient déjà d'une certaineinlluence. Grâce à eux il sut assez vite se procurer une réputation de patriote utilisable. Il adoptasans hésiter, pour gagner leur confiance, des théories et des opinions qui avaient d'ailleurs l'avantage de conduire aux places lucratives. Aussitôt que la Révolution com= mençaà le sortir de son obscurité, à récompenser son zèle^ il prit la plume pour la défendre, ce qui était un moyen de se défendre lui-même*
Le principal rédacteur, on pourrait presque dire Tunique rédacteur des Révolulions de Paris, Loustalot, était mort, à 28 ans, le 19 septembre 1790 : « Je te donnerai, écrivait Prudhornme dans le n° du 9-16 octobre, ô Loustalot ! des successeurs dignes de toi, des successeurs que je n'irai point choisir dans ces manufactures d'encens et de parfums dont la république des lettres s'honorait tant jadis, des successeurs que je n'irai point choisir parmi les lettrés qu'on ne voit maintenant à genoux devant la patrie que parce que la pourpre des rois, des prêtres et des grands est aujourd'hui trop courte pour que leur bouche esclave puisse la baiser sur le pavé des palais (1) ; mais des successeurs que je prendrai parmi ces hommes dont l'àpre génie est devenu d'acier sous les marteaux du despotisme, qui ne connurent lesSéjan que parleurs injustices, les grands que par leur abandon, le peuple que par ses larmes, et le besoin d'écrire que par humanité : ces hommes enfin qui sont nés avec la liberté de la France, et qui ont trouvé leurs titres académiques gravés sur l'autel de la Fédération. »
Nous avons vu que Fabre d'Eglantine n'eut pas trop à souffrir des « marteaux du despotisme », puisque Louis XYI lui permit de ne pas être dévoré vivant par ses innombrables créanciers. Il fit cependant partie, avec Chaumette, Santonax, Sylvain Maréchal et deux ou trois autres de cette équipe si magnifiquement annoncée par l'imprimeur des Piévolutions de Paris.
'1) Ceci est particulièrement dirigé contre La Harpe, qui venait d'attaquer Loustalot dans sa Corrcspomlancc Uiiéraire.
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A quelle époque débuta et à quelle époque prit fin sa collaboration ? Quels articles écrivit-il '? On a vainement cherché à le savoir d'une manière précise. Prudhomme s'efforça toujours d'effacer le plus possible ses rédacteurs, et sans doute il regrettait de ne pouvoir complètement sen passer. Dans son journal, où aucun article n'était signé, il ne voulut voir paraître d'autre nom que le sien, et le succès sembla lui donner raison. Les Révolutions de Paris eurent jusqu'à 200.000 acheteurs.
On peut admettre, sans trop de risques de se tromper, que Fabre d'Eglantine cessa assez vite d'écrire dans le journal de Prudhomme. 11 était très occupé par d'autres besognes.
Lié avec Danton, dont il admirait sincèrement la robuste énergie et le cynisme imperturbable, il l'avait pris pour guide et pour chef. 11 s'était associé à sa fortune. Dans le petit royaume que s'était taillé, au cœur de Paris, le tout-puissant tribun, il aspirait à devenir son premier ministre. C'est dans le district des Cordeliers qu'il put enfin connaître les premiers sourires de la fortune.
Paris, avant 1789, formait 21 quartiers, d'étendue et d'importance fort inégales. La loi du 23 avril 1789 établit une nouvelle division en 60 arrondissements ou districts. Quatre de ces districts — des Carmes déchaussés, des Prémontrés, de Saint-André des Arts, des Cordeliers — remplaçaient l'ancien quartier du Luxembourg. Ils portaient, comme tous les autres, le nom de l'église dans laquelle s'étaient tenues les assemblées primaires.
Le couvent des Grands Cordeliers, qui servit à dé-
signer le vaste district où allait naître la R.évolution, avait été, sous l'ancien régime, un des plus riches de Paris. Au seizième siècle, il était si peuplé que, sous le règne de Henri III, dans une des processions que prodiguait alors l'Eglise miZi^anfe, on vit parader, la plupart couverts d'une cuirasse et armés d'une épée, sept cents religieux qui venaient de ce couvent. En 1789, le nombre de ces moines avait considérablement diminué.
Le hasard — ou la Destinée — avait voulu que dans ce quartier, jadis si paisible, plein d'imprimeurs et d'écolâtres, près de ces religieux perdus et comme oubliés dans leur immense couvent, vinssent se fixer, presque en même temps, les plus actifs et les plus bruyants de ces redoutables agitateurs qui, par la seule puissance de la plume ou de la parole, allaient soulever le monde.
Obscure, humide, peu engageante malgré son nom idyllique, l'étroite rue du Jardinet conduisait à la Cour du commerce, dans laquelle habitait Danton, — qui avait été jusqu'en 1789, jusqu'à l'époque où les titres nobiliaires et les particules commencèrent à être plus nuisibles qu'utiles. M. d'Anton, avocat au Parlement.
Place du Théâtre-Français, dans la maison du citoyen Labretinière (1), au deuxième étage au-dessus de l'entresol, s'était installé Camille Desmoulins, longtemps logé en garni. Tout près de là, dans la rue du Théâtre- Français, Fabre dEglantine avait son appartement,
(1: On sait que la maison existe encore et qu'elle se trouve actuellement au n' 38 de la rue de l'Odéon.
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un appartement très modeste, comme il convenait à un homme que la politique faisait vivre, tant bien que mal, mais n'avait pas encore enrichi.
A la Cour du commerce, où s'im.primait rAmi du peuple, aboutissait la rue des Gordeliers, bordée d'anciennes maisons. Une des plus vieilles — elle datait du quinzième siècle — et la plus curieuse, s'ornait, à une de ses encoignures, d'une svelte et élégante tourelle (1). Ce n'était pas, comme on l'a dit, dans cette maison qu'habitait Alarat ; mais dans celle qui se trouvait à côté, dans l'ancien hôtel de Cahors, occupé en 1750 par le tapissier Robert Georget, plus tard par son neveu, Mari court, notable bourgeois de Paris, et que possédèrent en commun, sous la Révolution, un émigré, M. Antheaume de Surval et le citoyen Faignan, liquidateur de la dette publique.
Marat avait dans cette maison, où il vivait très bourgeoisement avec sa sœur Albertine, sa maîtresse, Simonne Evrard, et Jeannette Maréchal, sa cuisinière, un appartement de 450 francs par an, dont la location était au nom de Simonne Evrard.
Les patriotes du quartier, — et, pour n'en citer qu"un, le futur ijvécepteur de Louis XYII, le cordonnier Simon (2), — les frères et amis allaient de temps en temps prendre le mot d'ordre chez le directeur de
1) Cette tourelle a été transportée, en 1876, lors de la démolition de cette maison et de celle qu'habitait Marat, à l'hôtel Carnavalet. Marat avait d abord logé rue du Vieux-Colombier et rue de l'Ancienne-Comédie.
;2 11 avait sa boutique dans la rue des Cordeliers. Dans la ru« des Boucheries-Saint-Germain, que continuait celle des Cordeliers, habitait le boucher Legendre.
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Y Ami du Peuple. Ils franchissaient une large voûte et passaient devant la loge de la citoyenne Aubin, plieuse du journal, qui les suivait d'un regard soupçonneux. Unescalieraux marches usées, à la rampe graisseuse, les conduisait à une antichambre assez vaste, bien éclairée et séparéedu cabinet de bains par une petite pièce, obscure. Le reste de l'appartement se composait de trois pièces qui donnaient sur la cour, une chambre à coucher, un salon et un boudoir. Le salon servait aux conférences politiques, mais si par hasard quelque aimable citoyenne venait le voir, c'était dans le boudoir que Marat la recevait.
Comme celui des Jacobins, le district des Cordeliers avait son club. Installé d'abord dans l'ancien réfectoire du couvent, ce club — dont nous apprécierons plus loin le rôle décisif — fut obligé, à la suite des événements du 17 juillet 1791, d'émigrer dans larue Dauphine (1). La maison de cette rue qui portait le n° 16 était un débris de l'ancien hôtel de Mouy, vendu en 1755 à un marchand horloger nommé Carré. Court de Gebelin y avait fondé, en 1780, une Société littéraire, \e Musée de Pa7^ls, ei elle avait ensuite été louée, en 1787, à la loge des Neufs Sœurs, présidée par le duc d'Orléans. A ce groupe de francs-maçons succéda le club des Cordeliers. Il resta deux ans rue Dauphine et revint, en septembre 1793, dans son premier local, qui était plus vaste et plus commode.
La loi du 27 juin 1790 avait remplacé les 60 districts^ auxquels on reprochait de s'agiter un peu trop,
(1) Devenue par décision du conseil général du 27 octobre 1792 la rue de Thionyille.
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par 48 sections (1), et le district des Cordeliers était devenu la section du Théâtre-Français.
« 0 mes très chers Cordeliers, écrivait, dans les Révolutions de France et de Brahant. Camille Desmoulins, adieu donc à notre sonnette, ànotre fauteuil et à notre tribune retentissante et pleine d'orateurs illustres. A la place il n'y aura plus qu'une grande urne, une cruche où les citoyens actifs qui ne se sont jamais vus viendront déposer leur scrutin et distribuer des écharpes aux trois couleurs à l'intrigant le plus adroit. »
Sur la proposition de M. J. Chénier, le district des Cordeliers avait fait afficher une proclamation, signée Danton, président, dans laquelle il affirmait son dévouement aux volontés de l'Assemblée nationale, ce qui ne l'empêcha pas de protester par une seconde affiche, moins respectueuse, lorsqu'une proclamation, publiée à son de trompe, le 29 juin, eut convoqué les citoyens dans leurs nouvelles sections.
(1) « On avait demandé de nouvelles dénominations. Le comité avait d'abord été tenté de donner à chacune des sections les noms propres des hommes célèbres dont les cendres reposent dans leur enceinte. Il s'est arrêté aux dénominations tirées des places, des fontaines et des grandes rues. » Assemblée nationale, séance du 22 juin 1790, Rapport de Gossin. Sections et districts nniltiplièrent les banquets. Le Journal de Paris du 9 mars 1790 publiait cette annonce :
« Au Grand Restaurateur, rue du Petit-Pont, au bas de celle Saint-Jacques, n" 19, Le sieur Laiter, traiteur-restaurateur, a l'honneur de prévenir Messieurs des Distx'icts et autres personnes qui voudraient se traiter en société nombreuse, qu'il a une grande salle très propre qui peut contenir 80 couverts. On trouvera eu tout temps chez lui les mets les plus recherchés et de première qualité : il sert à l'ordinaire à prix fixe, et au restaurant à volonté; fait noces et festins, envoie en ville et entreprend les extraordinaires. »
Le surlendemain, le l"juillet, pour rendre officielle sa protestation, il envoya, appuyé par 36 autres districts, quelques-uns de ses membres, dont le langage fut presque comminatoire, à la barre de T'Assemblée (1).
Au mois daoùt 1792, les Marseillais avaient été logés dans le couvent des Cordeliers. Pour honorer le patriotisme de ces braves, ou plutôt de ces hravi (2), la section du Théâtre-Franrais, à qui son nom ne paraissait pas suffisamment civique, prit, le 16 août, celui de section de Marseille.
En réalité, malgré tous ces changements, la formidable puissance et la popularité du club des Cordeliers maintinrent au district, sur le territoire duquel il siégeait, son ancienne appellation.
A l'origine simple société fraternelle qui ne différait en rien des autres groupements du même genre et où les partis modérés avaient leurs représentants, le club des Cordeliers marchait d'accord avec celui des Jacobins et tendait, comme lui, non pas aune révolution, mais à une réforme profonde du pouvoir monarchique.
Malheureusement, il recrutait ses membres ou son public, il avait le siège de ses réunions, dans un
''1) D'autres districts se montrèrent de meilleure composition. Le district des Filles-Saint-Thomas alla processionnellement enterrer sa sonnette et chanter un De Profundis sur la fosse.
(2 On n ignore pas sans doute que ces égorgeurs nationaux, bien accueillis et fêtés, ces nervi, auxquels s'ajoutèrent, comme eux prompts à l'assassinat, un certain nombre d'Italiens, étaient l'écume de la Provence. Peu leur importaient, à vrai dire, les opinions des victimes, pourvu qu'on leur permit de tuer. Leur cocarde changeait facilement de couleur, ou plutôt elle n'avait que la couleur du sang. Ils furent les héros de la Terreur blanche aussi bien que de la Terreur révolutionnaire, et avec la même ardeur. Trestaillons s'était appelé Jourdan coupe-tête.
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quartier que troublaient et passionnaient, beaucoup plus qu'ailleurs, les premières conquêtes, les premières violences du régim.e nouveau, au milieu d'une population d'ouvriers, d'étudiants, de clercs ou de jeunes robins, portés aux mêmes illusions, coutumiers des mêmes rêves, et qui ne demandaient qu'à se laisser tromper par les mêmes promesses. Danton, avec son admirable faconde, ou les mots de justice et de liberté et de progrès revenaient si souvent, était l'homme qui leur convenait. Sa rhétorique brûlante, si généreuse d ordinaire sous son apparente brutalité, leur ouvraitun monde merveilleux, ce monde qu'avait créé leur imagination trop optimiste et dans lequel ils voulaient vivre.
Mais Danton lui-même fut bientôt dépassé. Avec Marat, Hébert et bien d'autres encore, l'envie, la haine, étaient entrées au club des Cordeliers pour ne plus en sortir. De plus en plus, il comptait parmi ses habitués, à qui les orateurs étaient obligés de plaire pour faire réussir une candidature ou ne pas compromettre une réputation, ces tape-dur, ces futurs pourvoyeurs de la guillotine, pour qui la liberté n'était que le droit d'apaiser leur rancunes de plébéiens.
En face des Jacobins, où dominaient encore les hommes d'Etat, les organisateurs, ceux qui voulaient asseoir sur des bases solides la République, les Cordeliers devenaient chaque jour davantage une association d'émeutiers et d'anarchistes (1), le type
(1^ Ils étaient, dit Camille Dcsnioulins, « les Jacobins des Jacobins ». Révolutions de France..., t. \'I, p. 181. Meilhan les appelle « l'élixir des Jacobins ». V. sa brochure : Meilhan. représentant du peuple. . germinal an III, p. 25.
du club insurrectionnel, irrité et soupçonneux, voyant partout des complots (1), toujours porté aux mesures de rigueur. Et peut-être conviendrait-il d'ajouter que ces affectations de civisme, ces exagérations meurtrières ne cachaient au fond que des ambitions et des appétits (2).
En tout cas, le zèle de ces éternels sauveurs de la République leur avait valu une très grande popularité, dont on pourra juger par cet extrait d'un article de Camille Desmoulins (3) :
« La sonnette du district des Cordeliers est, comme tout le monde sait, aussi fatiguée que celle de l'Assemblée nationale. Il y a quelquefois des séances que prolongent bien avant dans la nuit l'intérêt des matières et l'éloquence des orateurs. Ce district a, comme le congrès, ses Mirabeau, ses Barnave, ses Pétion et ses Robespierre... il ne lui manque que ses Malouet et J.-F. Maury. Depuis que j'étais venu habi-
(1) « Le 23 décembre 1789), au soir, le district des Cordeliers envoya aux Grands-Augustins des commissaires pour s'assurer si des ecclésiastiques et des gens qualifiés n'étaient pas secrètement assemblés dans l'ancienne salle du clergé. Le lendemain matin, il envoja aux carrières qui conduisent depuis la rue de Vaugirard jusqu'à la rue Saint-Jacques pour examiner si Von ne pratiquait pas des mines. Il résulte de ces démarches qu'il fut constaté que des ecclésiastiques et des nobles, que les Suisses et les portiers appelaient aristocrates, tenaient des assemblées secrètes aux Grands-Augustins ; mais aussi on fut certain que Paris n'était pas miné. )) Histoire parlementaire. .. , t. IV, p. 44.
(2 « Les Jacobins, dit Barbaroux. n'avaient pas de but commun, quoique agissant de concert. Les Cordeliers voulaient du sang, de l'or et des places. » Mémoires, p. 33.
(3, En février 1790, dans les Révolutions de France et de Brabant^ n» 14, p. 20.
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ter dans cette terre de liberté (1), il me tardait de prendre possession de mon titre d'honorable membre de rillustre district. J'allai donc, ces jours derniers, faire mon serment civique et saluer les pères de la patrie, mes voisins. Avec quel plaisir j'écrivis mon nom, non pas sur ces vains registres de baptême, qui ne pouvaient nous défendre ni du despotisme prévôtal ou du despotisme féodal, et d'où les ministres et Pierre Lenoir (2). les robins et les catins. vous effaçaient si aisément et sans laisser de trace de votre existence, mais sur les tablettes de ma tribu, sur le registre de Pierre Duplain 3), sur ce véritable livre de vie, fidèle et incorruptible dépositaire de tous ces noms, et qui en rendrait compte au vigilant district. Je ne pus me défendre d'un sentiment religieux ; je croyais renaître une seconde fois... »
La plupart de ceux qui, dans le district des Cordeliers ou ailleurs, visaientà la conquête du pouvoir, — pour s'y enrichir, — les exploiteurs de lasottise populaire, les ruffians de la politique allaient d'instinct vers Danton. Ils pouvaient croire quils trouveraient auprès de lui ou de la complicité ou de l'indulgence. Besogneux, ardent, avide de plaisir et de gloire, médiocrement délicat — en admettant qull n'ait pas été tout à fait improbe(4) — et en même temps cordial,
{1) Il avait d'abord logé à l'Hôtel de Pologne district des Carmes). (2i Le lieutenant de police.
(3) Pierre Duplain, dit Duplain-Lanet, libraire, plus tard un des membres de la municipalité qui s'installa à l'hôtel de ville, le 10 août 1792, pour diriger l'insurrection.
(4) « Doué d'une constitution athlétique et du tempérament le plus robuste, Danton était insatiable de volupté. C'était pour satisfaire ses sens toujours exigeants, c'était pour assouvir ses appétits tou-
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généreux par accès, dévoué à ses amis, Danton était destiné, par ses qualités comme par ses défauts, à devenir le roi de la bohème révolutionnaire. « Il serait absurde, dit Levasseur [de la Sarthe], dans ses Mémoires, de penser qu'un tel homme n'était pas dévoué à la Révolution ; nous Taimions tous comme tribun, et nous ne pouvions l'estimer comme homme ; aussi, excepté Camille Desmoulins, la plupart des individus qui se groupaient autour de lui étaient-ils des ambitieux avides qui espéraient se servir de la Révolution pour acquérir de la fortune et du pouvoir il i ».
Parmi ces ambitieux, que les scrupules ne gênaient guère, Fabre dTglantine était un des plus pressés d'arriver. Il sentait bien que sa situation sociale n'était pas à la hauteur de son mérite, et il espérait, après tant de déboires littéraires, trouver dans la politique une compensation à laquelle il croyait avoir droit. Pour l'obtenir vite et complètement, il disposait de
jours renaissants qu'il ambitionnait l'argent qui donne le pouvoir et le pouvoir qui donne l'argent. Ayant passé sa jeunesse dans une condition plus que médiocre, il avait faim de tout ce que peut donner la fortune, et tous les mo\-ens lui paraissaient bons pour obtenir ce bien qui représente tous les biens, et il se fit démagogue. Le désordre, la confusion, le renversement de l'organisation sociale pouvaient seuls le porter au premier rang, si loin duquel la naissance Vavait placé. ^> {Souvenirs d'un sexagénaire, par Arnault, Paris, 1833, t. II. p. 92. 1 — Quelques historiens récents ont essayé de défendre la mémoire de Danton. Ils nV ont pas très bien réussi; mais on doit se féliciter que leur thèse, appuyée sur une si faible argumentation, ait prévalu. Il était bon que, pour encourager les politiciens de l'avenir, on élevât, à Paris, une statue à un homme véhémentement soupçonné d'être un concussionnaire.
(1) Mémoires de R. Levasseur [de la Sarthe). Paris, 1829, t. II. p. 318.
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cette souplesse d'esprit, de ce caractère tortueux, de ce goût pour les machinations, de ce don de l'intrigue que M™"" Roland — qui l'associa toujours à sa haine pour Danton — devait signaler et flétrir dans le sanglant portrait (un peu poussé au noir, croyonsnous) qu'elle a tracé de lui et que nous citerons tout à l'heure.
Poussé par Danton, qu'il payait en admiration, Fabre d'Eglantine n'avait pas tardé à devenir un des orateurs les plus écoutés du club des Cordeliers (quoi qu'il parlât assez mal) et un des personnages les plus importants du district.
Le 11 décembre 1789, il signait comme secrétaire (1) une délibération de l'assemblée générale du district, pour répondre aux calomnies dirigées contre M. d'Anton, son président, accusé « d'accaparer les voix pour prolonger le temps de sa présidence et de n'obtenir les votes qu'en les achetant ».
Cette délibération déclarait que ces suffrages étaient « le prix du courage, des talents et du civisme dont M. d'Anton a donné les preuves les plus éclatantes comme militaire et comme citoyen » et que «la reconnaissance des membres de l'assemblée pour ce cher président excluait toute idée de brigue (2) ».
Quelques jours plus tard, le district des Cordeliers
(1( Avec Aubisse, Lescot etSenties. Le vice-président était à cette époque Testulat de Charniières,
(2) Actes de la Commune de Paris pendant la Révolution..., publiés par S. Lacroix. Paris, 1895, t. III, p. 551.
Les Révolutions de Paris (du 12 au 19 décembre), après avoir reproduit m extenso celte délibération, ajoutaient en guise de commentaire : (( Le district des Cordeliers a lié son nom à l'histoire de la Révolution par la sagesse et la vigueur de ses arrêtés. »
faisait arrêter, dans la rue des Fossiés-Saint-Germain, une voiture chargée de douze caisses et de deux barils de lingots d'argent, de piastres et de bijoux, que la Caisse d'escompte envoyait au directeur de la Monnaie de Limoges, et le procès-verbal de saisie (du 31 décembre) était signé par Danton, président, et Fabre d'Eglantine, secrétaire (i).
Favorable en principe à toutes les mesures violentes, Marat, dans un article de VAmi du Peuple^ du 31 décembre 1789, loua fort la conduite de ses amis en cette circonstance, et ceux-ci, peu après, quand on essaya de l'arrêter, à cause de ses attaques contre Necker et La Fayette, surent énergiquement le défendre.
Le 19 janvier 1790, l'assemblée du district des Cordeliers, « considérant que dans ces temps d'orage que produisent nécessairement les efforts du patriotisme luttant contre les ennemis de la constitution naissante, il est du devoir des bons citoyens et par conséquent de tous les districts de Paris, qui se sont déjà signalés si glorieusement dans la Révolution, de veiller à ce qu'aucun individu de la capitale ne soit privé de sa liberté, sans que le décret ou l'ordre en vertu duquel on voudrait se saisir de sa personne n'ait acquis un caractère extraordinaire de vérité capable d'écarter tout soupçon de vexation ou d'autorité arbitraire.
f( Considérant, en outre, que sous quelque rapport qu'on envisage soit les décrets émanés du Chàtelet (qui n'a été que précairement constitué juge des cri-
(1) Arch. md. , C. 33, lY^ 286 ter.
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mes de lèse-Nation), soit tous ordres émanés du pouvoir municipal établi dans la ville de Paris, on ne doit qu'applaudir aux districts qui soutiennent que ces décrets ou ordres ne doivent être exécutés qu'après avoir été visés par des commissaires honorés à cet effet du choix de la Véritable commune jusqu'à ce que le grand œuvre de la régénération française soit tellement accompli qu'on n'ait plus à craindre de voir les hommes attachés aux principes de Tancien régime et imbus des préjugés et des fausses maximes de la vieille magistrature de finance, tenter d'étouffer la voix des écrivains patriotes. »
L'assemblée du district desCordeliers arrêtait qu'il serait nommé « cinq commissaires conservateurs delà Liberté » et quenul décret ou ordre tendant à l'incarcération d'un citoyen ne pourrait être mis à exécution dans le territoire du district, sans être revêtu de leur visa.
Les cinq commissaires élus étaient Danton, Fabre d'Eglantine, Saintin, Ghestel et Labiée (1).
Le 22 janvier, un bijoutier de la place Dauphine,
(1) Arch. Xat. C. I, Cart. 36, dossier 304. — Cet arrêté est signé par Paré, président, Fabre d'Eglantine, vice-président, d'Anton, Labiée, Pierre Dujilain, F. Oudolte, secrétaires. « On ne saurait prendre, écrivait Camille Desmoulins, trop de précautions pour mettre les Amis de la Liberté hors des atteintes du glaive de Thémis, à qui on n'a pas encore arraché son bandeau. Pour moi, j'ai déjà transporté mes Dieux Pénates dans ce district, où j'ai bien regret que mes occupations ne me permettent pas de donner mon scrutin. Je ne me promène pas sur sou territoire sans un sentiment religieux en pensant à l'inviolabilité qu'il vient d'assurer aux honnêtes gens; et sur toutes ses rues, je ne lis point d'autre inscription que celle d'une rue de Rome, la rue Sacrée. » Cité par le Journal universel des Révolutions ^u Royaume. Rédigé par M. Audouin, citoyensoldal du district de,s Carmes, n" du 3 féviûer 1790.
commandant du bataillon du district de Henri IV, Raphaël Carie, qu'un pamphlet contre Necker appelle '•: le plus insolent et le moins brave des officiers de la milice parisienne » (1^^ se transporta avec 80 hommes, grenadiers ou volontaires, dans la rue de TAncienne-Comédie, pour prêter main forte aux deux huissiers du Ghàtelet chargés d'arrêter Marat.
La rue était pleine d'habitants du quartier qui protestaient violemment et essayaient de barrer la route aux soldats envoyés pour faire respecter la loi. Devant la porte du corps de garde et celle de la maison de Marat, qui était tout à côté, des patriotes, très excités, criaient, en regardant d'un air menaçant le commandant du bataillon, « qu'il fallait sonner le tocsin, battre la générale à l'effet de chasser ce bougrelà (2)». Le roulement des tambours attirait sans cesse de nouveaux manifestants.
Les huissiers se trouvaient au siège du district où on leur avait enlevé le décret d'arrestation. Ils arrivèrent, plus morts que vifs, dans la rue de l'Ancienne-Comédie, et n'ayant plus qu'un désir, celui de sortir sains et saufs de cette bagarre^, ils s'obstinèrent, pour éviter de se compromettre et d'irriter la foule, à ne signer aucun procès-verbal.
(1) Dénonciation sommaire faite au comité de recherches de l'Assemblée nationale contre M. Xecker, ses complices, fauteurs et adhérents, par James Rutledge B'. Paris, mars 1790, p. 47. Ce Rapharl Carie, coupable d'avoir essayé de défendre les Tuileries, le 10 août 1792, fut tué par deux de ses soldats.
:2) Information de Delagarde Desmarets, conseiller au Chàtelet {VAlmanach royal de 1791 l'appelle De la Garde des Marets). Déposition de Raphaël Carie. Arch. Xat. D. XXIX.
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On engageait Carie à se rendre au district où rassemblée prendrait en sa présence un arrêté au sujet de l'inexécution et delillégalitédudécret. Il refusa de suivre ce conseil ou d'obéir à cette injonction avant d'avoir rer;u les ordres de son général, La Fayette. Pendant qu'il les attendait, l'exaspération populaire n'avait fait qu'augmenter, et sa vie, si nous en croyons ses déclarations et celles d'autres témoins qui paraissent très sincères, fut sérieusement menacée. « Il y eut de nouveauxtroubles et de nouveaux dangers au milieu desquels on fit remarquer au déposant le S'" Danton comme tenant des propos malhonnêtes contre lui déposant (1). xVlors lui déposant fut audit Danton pour l'inviter et le sollicitera contenir les citoyens de son districtà cesser toutes humiliations et menaces contre lui déposant et son détachement, lui représentant le plus pathétiquementpossibleles suites fâcheuses où ils étaient tous exposés ; lui ajouta le déposant en lui serrant les mains que s'il ne se portait pas à la paix et àlaconciliation les deux partis étaient près de s'égorger, et lui dit : quels regrets n'auriez-vous pas de voir l'effusion du sang de nos concitoyens ? Lui déposant lui a encore observé que si quelqu'un d'eux croyait avoir à se plaindre de lui déposant
1 Alexandre Minier, joaillier à Paris et soldat du bataillon de Henri IV', dépose que (( vis-à-vis le corps de garde, il a remarqué entre autres un homme d'une figure rebutante portant une redingote de garde nationale et criant très haut : Où est-il donc, on estil donc ce foutn commandant du bataillon de Henri IV ? Que lui. déposant, ayant aperçu à dix pas de là le S' Carie, et voulant éviter qu'il entendit les propos qui se tenaient dans ce groupe, lui déposant a été au-devant de lui en lui disant : « \'oilà un jour où nous devons exercer toute notre patience, employons tous nos
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OU des siens, il n'avait qu'à s'en plaindre à lui déposant qui lui donnerait une satisfaction complète, et que d'avance il le priait d'agréer toutes ses excuses ; que pour rendre hommage à la vérité il doit dire que le S'' Danton lui a promis de faire tout ce qui dépendrait de lui pour donner la tranquillité, et cependant tout le reste de la journée s'est passé dans le plus grand danger, sans que le déposant puisse en accuser le S"" Danton (Ij ».
Lattitude énergique de Ilaphaël Carie avait déplu, on le comprend, à ceux qui depuis quelques jours organisaient la résistance à la loi, et tout particulièrement à Fabre d'Eglantine, qui affectait d'admirer beaucoup l'Ami du Peuple. Tandis qu'une lettre du district, dans la soirée du 22 janvier, informait l'Assemblée nationale du refus de laisser mettre à exécution, dans son territoire, le décret de prise de corps contre « le sieur Marat ^2) », on inscrivait sur les re-
soins à contenir tous nos amis. » Peu après, le déposant aj'ant encore vu Ihomme qui avait tenu les propos ci-dessus, il a demandé son nom à un particulier qui s'est trouvé là ; on lui a dit qu'il se nommait Danton, ancien président du district des Cordeliers. » (c Plusieurs citoyens m'assurèrent que depuis la présidence de M. Danton, tous les honnêtes gens s'étaient retirés du district. » Déposition de Jean-Bernard Berger, directeur des fermes et capitaine de la garde nationale. Id.
(1) Déposition de Raphaël Carie.
(2 Cette lettre se trouve auMusée des Archives n» 1156). — Marat avait pris ses précautions pour se soustraire aux rigueurs de la loi. Il s'était réfugié chez une actrice de la Comédie-Française, M'i^ Fleury. De là, il trouva un asile dans la maison de Bassal, curé de Saint-Louis à Versailles, qu'il devait avoir pour collègue à la Convention, et ensuite dans la cave du boucher Legendre et dans les cryptes du couvent des Cordeliers. Ces pérégrinations rie contribuèrent que médiocrement à adoucir son caractère.
gistres cette protestation contre un officier coupable d'avoir fait son devoir :
« Je soussigné^ vice-président du district des Cordeliers, déclare que par l'ordre de l'Assemblée générale je me suis transporté au corps de garde après la clôture du procès-verbal sur le décret du Châtelet, avec les huissiers porteurs dudit décret, à l'effet de veiller à ce que dans leur retraite ils n'éprouvassent aucune insulte et pour recommander de la part de l'Assemblée générale au commandant du poste les •mêmes précautions. P^endu au corps de garde avec les huissiers, sur ces entrefaites est survenu le S"" Carie, commandant de bataillon et chef du détachement qui investit et occupe le territoire du district des Gordeliers, auquel j'ai fait aussi la prière de vouloir protéger la retraite des huissiers. Sur ce lesdits huissiers ont notifié leur retraite au S'" Carie et le réfère à TAssemblée nationale ainsi que les diverses réponses de MM. les magistrats du Châtelet sur cette affaire. Alors le S^ Carie manifestant un mécontentement extrême et entrant dans la discussion du fonds a fini par me demander si nous prétendions le juger. Je lui ai répondu, avec toute l'honnêteté et la modération possibles, qu'il suffisait de la notification qui lui était faite, qu'il n'appartenait pas non plus au pouvoir exécutif de discuter sur ce point et d'argumenter pour se conserver la faculté de faire une capture lorsque le pouvoir judiciaire la suspendait ou l'annulait. Le S' Carie m'a dit alors que si les huissiers s'en allaient il ne s'en irait pas, et tout à coup les huissiers passant devant lui pour gagner la porte, il leur a dit : Je suis fâcliéquon vous
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ait chargés des décrets. Il fallait ne pas s'en charger. Vous )n avez Vair d.' être de hien mauvais sujets^ et je suis très mécontent, très mécontent. J'ai fait mes efforts pour apaiser le murmure qui s'est élevé alors dans la foule des citoyens qui entouraient le S"" Carie et je lui ai déclaré que, fidèle aux principes de la Vérité et de la Liberté qui sont ceux du district des Cordeliers, j'allais faire à TAssemblée générale ma déclaration, ce que j'ai fait. Et TAssemblée ayant requis ma déclaration par écrit, je le fais et l'écris sur le registre original de l'Assemblée avec invitation à tous ceux qui ont été témoins des faits de signer, pour certifier la présente véritable en tous ses points.
(( Et ont signé Fabre dEglantine, vice-président, Monory, Ducret, Guy, commandant le poste, Ruauit, Lafîrey, Thouvenot, Ghastelfils, Martin, Caron, Kayser, Dardelle,Sentex, le M'' deLangle, du district des Prémontrés (1). »
L'émotion provoquée par « l'affaire Marat » était à peine calmée, lorsque, au mois de février 1790, une jeune citoyenne, à laquelle on ne pouvait vraiment pas reprocher de ne pas assez aimer les hommes, Théroigne de Méricourt, monta à la tribune du club des Cordeliers et proposa Lélévation sur la place de la Bastille d'un palais de l'Assemblée nationale.
L'idée était de Camille Desmoulins, qui avait écrit, dans son Discours de la Lanterne : « Ne faut-il pas avoir détruit la Bastille avant de rien élever sur son emplacement? Déjà maint architecte s'évertue à ima-
1 Avch. nat., D. XXIX, 03.
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giner un palais digne des augustes représentants delà nation. Bientôt vous le verrez sortir de dessous les ruines de cette Bastille. Là, dans son sein, Paris aura l'Assemblée nationale, le congrès de quarante-cinq provinces, le siège de la majesté, de la loyauté du peuple français, lautel de la concorde, la chaire de la philosophie, la tribune du patriotisme, le temple delà liberté, de l'humanité et de la raison, où tous les peuples viendront chercher des. oracles (1). »
La proposition de Théroigne de Méricourt fut adoptée avec enthousiasme. L'assemblée du district chargea Danton, Fabre d'Eglantine, Camille Desmoulins et Dufourny de Yilliers de rédiger une adresse aux départements ('2; et elle ouvrit une souscription, mais cette souscription eut un succès des plus iTiédiocres et, faute d'argent, l'idée fut abandonnée.
(1) Publié chez Le Jay (qui le paya à lauleur 12 louis), l'an I de la Liberté, le Discours de la Lanterne parut en septembre 1789. La Bastille n'était pas encore complètement démolie.
(2 Cette adresse, du 24 février, est donnée en entier dans VHistoire parlementaire, t. IV, p. 464. Quelques jours après, le 8 mars 1790, Fabre d'Eglantine signait comme président de l'Assemblée une « délibération pour protester contre la répartition de 65.000 livres données aux indigents de Paris par la Caisse d'escompte, dans laquelle ceux du district des Cordeliers ont été oubliés ». Catal. de la collection d'autographes Emile Michelot, Paris, 1880, p. 28,