‹ Fabrication des étoffes: Études sur les arts textiles à l'ExpositionChapitre 19 sur 49 · CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL

lf4T^PJ[S^6 ^^ 14 FiBBiP4T)Qlf D^S fl^JS 0^ «P|Ç<

Nous avons eonstaté dans \fi Bévue des praduit^, ehap. I, 1m nombreuses variétés de fils auxquelles la soie donne lieu. 1m moyens mécaniques pour les obtenir diffèrent essentiellemeni de ceux delà filature des autres substances filamenteuses. Leum transformations constituent quatre spécialités distinctes, doni trois au moins sont toujours pratiquées dans des établissenienta séparés. Rappelons que ces industries sont en parties agricoliM et en partie urbaines. Elles comprennent :

1^ L^élève ou l'éducation des vers à soie, constituant un tpa-* vail agricole, connue sous le nom de fart du magnanien^^ venant du nom de magnan, donné au ver à soie dans le dialeete languedocien ;

2^ Le dévidage des cocons et l'assemblage d'un certain nom* bre de leurs fils élémentaires pour en produire un fil éeru naturellement gommeux et livré au ooiameree sous le nom de fil grège;

3^ Le mouKnagej consistant dans le retondage d'un fil grégft ou de plusieurs réunis ensemble : 1° afin de leur donner une cohésion suffisante pour pouvoir les traiter par Tébullition dans un liquide savonneux ou alcalin, cour pouvoir les décreuser, c'est-à-dire, les débarrasser de toute leur gomme avant de les blanchir, et de leqr donner la souplesse dont leur nature les rend susceptibles lorsqu'ils sont entièrement débarrassés du corps gemmorrésineux qui leur donne une certaine raideur} ^ pour les eonsolider et leur imprimer l'apparence la plut oon^

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venable et la mieux appropriée aux effets recherchés dans les produits ;

4"* La filature des déchets de toutes espèces provenant des transformations précédentes et du tissage. Ces déchets, suivant leur origine et les périodes de travail qui les ont fournis, portent les noms divers de frisofis, de galette, de bourrettes et de bourres. Le frison est la conséquence de la préparation des cocons au filage ; il est formé des premières couches enlevées pour arriver au fil continu, et des déchets résultant de la recherche des bouts qui se brisent pendant le travail. La galette provient des cocons entiers, mais ouverts par les papillons destinés à la reproduction. La bourrette se constitue des dernières enveloppes de la chrysalide qui n'ont pu se dévider, et de quelques autres menus déchets. La bourre résulte de déchets faits au moulinage et au tissage ; elle consiste, par conséquent, en débris plus ou moins longs de fils tordus. Enfin^ on commence aussi à faire de la bourre au moyen de l'effilochage des chiffons de soie.

Les diverses spécialités qui transforment ces différents déchets ne sont complètement représentées à l'Exposition que par leurs produits, dont nous avons déjà dit quelques mots. Le matériel est, d'ailleurs, d'une si grande simplicité pour les premières transformations, qu'il est peu susceptible de modifications importantes. Cette observation se justifiera par les détails suivants concernant chacune des branches du travail séricîcole.

§ 1. » Da matériel des man^aneries.

La magnanerie comprend le local et les quelques ustensiles nécessaires à l'élève des vers, depuis leur éclosion ou sortie des Œufs^ jusqu'après la formation de leurs cocons. Nous ne pouvons rentrer ici dans les détails concernant cette industrie

FABRICATION DES FILS DE SOIE. Ii7

locale, on les trouvera ailleurs ^ ; nous nous bornons à dire que les moyens mécaniques de cette partie de Texploîtation industrielle sont si simples, que les éducateurs n'ont pas jugé utile d'en exposer des spécimens. La section italienne seule renferme un appareil dont le but paraît répondre à un besoin de l'industrie du raagnanier. C'est une coconnière, formée par une sorte de casier à compartiments ou alvéoles rectangulaires. Chacune des cases a le volume exactement nécessaire au logement d'iin cocon ; chaque ver se trouve ainsi dans une cellule isolée. Deux vers ne peuvent, par conséquent, plus se réunir pour travailler au même cocon et former ce qu'on nomme des douppions ou cocons doubles, dont les fils sont enchevêtrés, et d'un dévidagè si difficile qu'ils ne donnent que de la grége d'une irrégularité de titre présentant des nœuds et des boucles. Ce genre de soie rentre, par conséquent, dans la^ catégorie des plus communes, et, malgré tous les soins possibles, on n'a pu jusqu'ici éviter complètement sa production. On estime en moyenne à 10 pour 100 la proportion de ce produit, si inférieur, que sa valeur atteint à peine au quart du chiffre de la soie normale. U y a donc un grand intérêt à l'emploi de moyens qui diminuent cette proportion. L'inventeur italien de l'appareil duquel nous parlons a pensé qu'en substituant aux balais de bruyère, — ou aux coconnières d'avril formées d'espèces de grilles légères en bois, entre les barreaux desquelles plusieurs vers peuvent se réunir pour filer ensemble leur enveloppe, — une coconnière cellulaire, il éviterait ou amoindrirait l'inconvénient grave de la production des doubles.

Le sériciculteur italien a également songé à utiliser ce système pour faciliter le triage des papillons reproducteurs, le grainage^ et la fécondation des œufs qui en est la conséquence, son moyen permettant de bien séparer les sujets les plus sains,

* Essai SUT l'industrie des matières textiles.

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et de âisiiûguer les œufs provenant de sources et de parents paraissant offrir le plus de garantie d'avenir. Si on ne peut considérer le système dont lious venons de parler comme à Tabri de toute objection et offrant un remède absolu contre la ifaaladie et la cHse séricicole^ on peut, du moins, l'admettre comme un mo^en ingénieux de plus miâ à là disposition des magnaniers pour obvier, en grande partie^ à Tun des inconvénients sérieux qu'ils rencontrent dans Télève des vers et la production des cocons.

Etouffage des chrysalides^ — On sait que pour empocher le cocon de s'ouvrir, ce qui rendrait son filage presque impossible^ il est indispensable d'asphyxier la chrysalide dans son enveloppe et de ne laisser transfo)*mer en papillons qUe ceu& destinés à la reproduction. Quoique la question de Tétouffage soit très-intéressante au point de vue dès résultatl^, l'Exposition n'a révélé aucun moyen nouveau. On procède généralement à l'étouffage en exposant les cocons le temps nécessaire à la vapeur d'eau. On opère dans des espèces d'étuved sur des quantités assez considérables : on superpose une série de paniers dans ces sortes de fours, on en ferme les portes après y avoir introduit les cocons^ disposés sur des chariots^ dont les roues sont placées sur des rails. Une fois les portes fermées^ on foit arriver la vapeur de manière à ce qu'elle pénètre^ aussi empiétement que possible» toutes les parties de la chambrée. Parfois aussi, l'étouffage est pratiqué par la chaleur d'un four convenablement chauffé, ou mieux encore, par un calorifère disposé ad hoc. Les deux systèmes ont des avantages et des inconvénients : la vapeur agit régulièrement et sûrement^ sans exposer lès produits à une température sèche susceptible d'altérer la soie ; mais la vapeur condensée nécessite un séchage rapide, qu'il faut souvent pratiquer sur de trèsgrandes masses en un temps très-court; Quoique les cocons paraissent en général secs, ils contiennent néanmoins un degré notable d'humidité à l'état latent^ à cause de leur propriété

FABR1CA110R DES FILS DE SbiE. ii^

hygrométrique. De là, des fennent&tioiid Bt des altération^ ^i nuisent à la qualité et amoindrissent të réndeinient. L'êmpIôl de Tair ehaud évite cet inconvénient, maid jiisqd'ici bh d'à pU fournir encore d*^)pftreils de ce genre, fbtictibilnaht avec \i tégularité voulue pour agir uniformément sUi* tbute la înA^se; Nous soibmies cependant parvenu à en faire disj^b&er poul* là Chine remplissant toutes les conditions. Mais ils sont d*un prix devant lequel les industriels reculent, lorsqu'il s'agit d'un ap- ][>areil qui né peut être utilisé qiie pendant quelques jours dfe Tannée. La chaudière à vapeur, au contraire, sert à deux fins, pour le travail journalier de la filature, après avoir servi à l'étouffage.

Nous avoits également expérimenté pendant plusieurs ah^ nées, et avec succès^ un procédé qui peut rendre des services , surtout dans certains cas , lorsqu'il s'agit de transporter les cocons, avant l'étouffage^ du lieu de là récolte à l'usine. Ce moyen consiste à mettre dans les iriannes, paniers oU tonneaux contenant les cocons, une petite quantité de camphre en poiidre ou en fragments, et de coller dii pË^ier à l'extérieur des vases qui tes renferment, afin d'intferceiiter l'air. Au bout de quelques jours^ lorsqu'on ouvre les caisses, tous les cocons sont asphyxiés, lés chrysalides Se détachent dans un état parfait, et le camphre se retrouve sans que l'on puisse constater la quantité perdue^ tant l'évaporation est peu sensible quant au poids; Nous avons confié ce moyen à plusieurs grands filateurSj qui pensent en faire leur profit.

§ ib. -^ l^ÛÀge, tirage où dévidage des cocons l^oïkr formel» le AI grëge.

Cette opération comprend : 1"* la préparation préliminaire dans le but de ramollir l'enveloppe soyeuse du cocon pour en faciliter le dévidage 5 et 2* une fois le fil mis ert liberté, là réu-

nion d'un plus ou moins grand nombre pour en constituer le fil usuel. Jamais on n'utilise directement les fils isolés de chaque cocon. On en juxtapose toujours un certain nombre, dont Tadhérence est déterminée par le ramollissement à Teau chaude de la matière gommeuse naturelle qui les recouvre. Le maintien de Teau à une température suffisamment élevée facilite le résultat. L'état du fil, joint à un frottement spécial qu'on leur fait éprouver les uns sur les autres , fixe intimement ceux qu'on a réunis de cette façon. Une fois le fil grége ainsi constitué par la réunion d'un certain nombre de brins élémentaires et continus de cocons, il s'agit de maintenir la régularité du titre sur une longueur indéfinie, limitée seulement par celle du mat,eauou del'écheveau. Or, il s'agit. là delà réalisation d'une condition qui n'est pas sans difficultés. On sait, en effet : 1° que le fil lélémentaire d'un cocon n'a pas le même titre sur toute sa longueur, il est en moyenne quatre fois plus gros en commençant qu'à la fin. De plus, ils ont en général des longueurs difiTérentes, et s'épuisent, par conséquent, à des moments variables, ce qui constitue une nouvelle cause d'irrégularité. Il faut, par conséquent, trouver une manière de faire susceptible de rectifier ces causes de défectuosité. Le moyen consiste dans une alimentation faite avec intelligence, de façon à ajouter un cocon nouveau et compensateur, à mesure que l'opération avance ; le gros bout du nouvel arrivant contrebalance ainsi la trop grande finesse de la dernière partie des fils des cocons en dévidage. Mais cette addition successive de nouveaux cocons doit avoir lieu avec une perfection telle, qu'il n'y ait pas moyen de déterminer, dans le produit, les points où ces cocons additionnels sont venus s'ajouter à ceux en œuvre. Ces conditions ne sont pas les seules pour arriver à ces beaux fils qui brillent à l'Exposition ; mais elles suffisent déjà pour faire comprendre comment les principales contrées séricicoles ne peuvent obtenir des grèges également belles

avec des matières premières d'une qualité identi«[ue. Les descriptions suivantes vont surtout démontrer comment Findustrie la plus simple en apparence, celle du filage de la soie, est en même temps celle qui réclame la réalisation des conditions les plus complexes et les plus délicates.

Towr à filer la soie. — L'appareil à dévider les cocons pour former la. soie grége, désigné généralement sous le nom de tour^ se compose toujours de deu; parties principales, de la bassine B et de Tasple ou dévidoir D (fig. 1, pi. VI). La bassine à eau chaude B sert à cuire ou à préparer les cocons, et à les y maintenir pour faciliter le dévidage. Les fils, convenablement disposés, se rendent sur le dévidoir D. Après s'être suffisamment soudés, ils sont semés sur Tasple par une tringle r (fig. 2), douée d'un mouvement de va-et-vient, pendant que le dévidoir D est animé d'une rotatipn continue autour de son axe ou arbre A.

Disposition générale dun atelier à filer. — La figure 2 indique, de face, l'assemblage d'un certain nombre de tours, et la figure 3, une vue de côté, dont la figure 1 est une section verticale. On voit en T le bâti d'une machine à vapeur, dont V montre le volant et l'arbre moteur. L'arbre R donne, d'une part, le mouvement de rotation aux poulies jd, /?, qui le transmettent par friction aux galets g, g, placés sur l'arbre A des asples. La tige r, cheminant sur des galets «, i, du va-et-vient, reçoit son action d'une bielle articulée L commandée par une manivelle ou une came c, agissant sur des petites roulettes, comme cela est pratiqué dans la plupart des transmissions. Le nombre d'appareils peut varier en raison de l'importance et de la longueur de l'atelier. .

Pour arrêter, au besoin, l'un quelconque, pour rattacher un fil, placer ou enlever un écheveau pendant que les autres continuent à travailler, il suffit d'en suspendre le contact entre le galet g et la poulie p. On soulève dans ce cas le galet. Chacun

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de iBes .galets est muni^ à cet effét, d'une espèce de &eiil F, t^ cevwt uhfe pression exercée par le bras de levier l et le bôntre* poids 0^ dont Faction peut être annulée en agissaiit sur une tringle^ dont on voit la poignée en to à ta disposition de Touvrière. Pour que le fil reçoive uhe tension élastique dans îson parcours^ qu'il puisse céder convenablement si uiie résistance vient |à se manifester^ soit de la part d'un boUchott produit dans la bassine, soit par toute autre cause, on le fait généralement passer dans feon parcours pai* des guidés fliés à des Irembleurs t, (\ formés de lames métalliques eti s|>îrale constituant un ressort très-sensible. Mais pour donUel* le& cat*a€tères, les qualités recherchés et faire rendre à la matiète preihière le maximum de produit possible, il est nécessaire de la tt-isiiter avec des soins particuliers , sans lesquels , au lieu de tirer des cocons^ de ûls valant plus de 100 francs le kilogramme, comme ceux de France et d'Italie, ils pourraient ne fournir que des produits inférieurs^ d'un prix et d'un t'ëndement beaucoup moindres. Il y a donc là une qUëi^tion deè plus iniportantes^ digne d'être traitée eh détail. Examinons, par conséquent^ l'ensemble des points qui concourent aU travail, nous discuterons ensuite les parties des manipulations susceptibles d'être avantageusement modifiées.

Marche génémie du travail. — Le travail ^ dans âoh ensemble, comprend : le traitement des gocoHs, pour mettre leur fil eri liberté et le rendre dévidable : la soudure dUn certain nombre

de /Us élémentnires les Uns oontré les autres pour constituer la grége ; le raitachage des bouts; la distribution du fil en écheveau^ de manière à einpêcher les couches superposées d'adhérer les unes aux autres par les coUures de la gomme humide, cb qui serait Un défaut grave, susceptible de S'oppoéter au dévidage ultérieur et de causer un déchet anormal.

Préparation des cocons. — Les cocons, au moment de leur fils^e^ sont plus ou moins durs, suivant leur âge, leur race et

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leur origine: Itnmédiàtement aprè^ leur récolte, lorisqu'ils eotitiennent encore un poids d'humidité tel que Teau et la chrysalide représentent dik fois environ celui dé la matière soyeuse, il suffit d'une légère imbibition dans Teau ch^AUdé pour que les eoubhes de l'enveloppe se ramollissent et présentent facilement le bout. Mais quelques mois plus tard^ si on opère sur des cocods du Levant^ de la Perse, du Japbn) dé la Ghiiie, etc., comme cela arrive pour la plus grande partie^ les rapports sont tout autres^ le poids dés corps étrangers n'iBst plus moyens nement que quatre fois plus élevé que celui du fil. Les couches soyeuses ont alors lies apparences et la dureté du parchemin. C'est cette matière ainsi coricrétée qli'il s'agit de ramollir de façon à ce que le fil cède régulièrement sous la moindre aistibn. Si le cocon n'est pas assez préparé, le fil offrira une rési^tàiiiDë déterminant des ruptutes^ nécessitant une nouvelle préparatien et, par conséquent, une perte de temps fet de matières. Si, au contraire, on l'a trop préparé^ on aura enlevé une partie de la bonne soie sous formé de déchets, et on s'expose à un emmèlage du brin^ qui ehtralne, à son tour, à des pertes. Là prét)aration à .point a donc une grande import&nbe, et présenté d'autant plu& de difficultés^ que tous les cocons d'une même partie ne sont pas d'une constitution uniforme ni toujours dans le même état de sibeité. Pouf parer à cette dernière difficulté, et opérer autant que possible éur de là matière identique, les filateurs soigneux ne manquent pas d'opérer un triage des cocons et de réunir ceux dyant à peu près les mêmes caractères, et paraissant susceptibles du même d^fé de préparation. Qetté précaution préalable prises on procède, en général, de la manière suivante : on livre à la fileuse une quantité donnée de cocons pesée avec soin, afin de pouvoir contrôler le rendement en soie qu'elle en obtiendra. Pour préparer:, ToUvrière ifaimerge les cocons dans l'eau bouillante de la bassine, eh les arrosant et les maintenant plongés avec une cuiller ou une spatule. Lorsqu'elle

les juge suffisammeut ramollis, elle procède au battage, puis à h. purge.

Battage. — Le battage consiste à prendre un balai ou une brosse, et à en frictionner la surface des cocons immergés, pour en détacher les premières couches de la surface, en général en soie grossière irrégulièrement disposée, jusqu'à ce que la surface n'ofiTre plus qu'un bout unique, dans des conditions telles, qu'il suffise d'agir légèrement sur cette extrémité pour arriver au fil net,* 3ans bouchon, nœud, ni irrégularité quelconque. La figure 4 montre la manière d'opérer de la fileuse. La main n tient le balai 6, le met en mouvement sur les cocons x plongés dans l'eau chaude de la bassine B.

Purge. — Arrivés à cet état, après la cuisson et le battage, toute la partie des cocons en préparation est prête, l'ouvrière dépose son balai et agit directement de ses deux mains sur l'ensemble des bouts, et les réunit, les tire délicatement jusqu'à ce que tous les brins cèdent naturellement et offrent une net-* teté parfaite à l'œil. Cette manipulation est représentée dans la figure S; on voit le faisceau de fils /manœuvré par les deux mains n^ n' agissant sur les cocons x, de la bassine B. C'est le moment de les disposer dans les conditions oîi ils doivent être filés. A cet effet, l'ouvrière fixe tous les bouts nets à un crochet ou bouton placé sur le rebord de la bassine, comme on peut le remarquer en o (fig. 1). Puis elle détache de ces cocons, qui flottent à la surface de l'eau, le nombre voulu pour former une grége. Supposons qu'il s'agisse de produire un fil de 10 à 12 deniers, comme on dit encore, correspondant à un titre de 0«,530 à 0^,636 S comm6 on devrait dire. La fileuse prend alors cinq cocons, réunit leurs brins entre ses doigts et les fait passer ensemble dans un œil ou filière sur c?, fixé à Textrémito d'une tige placée également sur le rebord de la bassine B, mais

* Voir chap» x, Du Titrage (Traité du travail des laines).

FABRICATION DEâ FILS DE SOIE. 42o

du côté opposé où se trouve la masse des cocons. Pour que ces brins n'en forment plus qu'un et adhèrent si parfaitement, qu'en cassant la grége le bout ne s'effiloche ou ne s'emmèche pas, comme on dit, pour qu'il présente en un mot la rupture nette d'un corps homogène, le brin subit un tordage pendant tout le filage. A cet effet, on fait cheminer parallèlement deux fils côte à côte pour en former deux écheveaux séparés, après s'être consolidés par une friction l'un sur l'autre. La fileuse forme donc un second fil avec cinq cocons, et les passe dans une seconde filière d' , et c'est à la sortie de cette filière qu'on les tord ensemble pour les séparer ensuite. La figure 6 donne cette disposition et la marche des deux fils , vue de face. X, x' représentent les deux séries de cocons, d, d* les deux filières; r indique le parcours où ils se croisent, pour se séparer ensuite et se rendre sur le tour pour former deux écheveaux, l'un produit par le fil /", et l'autre par f. Afin que ces deux fils ne se rencontrent plus après leur croisure, ils sont passés chacun dans un guide séparé o, o', du va-et-vient (voir fig. 7).

Manière d opérer la croisure ou croisade, — Le moyen imaginé pour faire adhérer intimement les fils de cocons réunis pour faire une grége est fort simple ; il consiste à faire frotter le fil sur lui-même avec une certaine force à la sortie de la bassine, avant de s'étaler en écheveau. A cet effet, on n'a qu'à tordre les deux fils simultanément l'un sur l'autre, à leur point de départ. Les figures 6 et 7 indiquent bien qU'après la torsion les fils se séparent, comme nous l'avons dit, et si cette torsion momentanée, qui ne se pratique qu'au commencement du travail et après chaque interruption du travail , est bien faite, c'est-à-dire si elle comprend un nombre de tours suffisant pour donner la cohésion aux fils, ceux-ci seront tellement soudés qu'ils offriront une cassure nette sur tous les points de la longueur, comme celle d'un fil simple. Le nombre de tours ou la longueur de la croisure doit être comprise dans une certaine

126 uvm u* ^v uAT^m^^. '

limite s trap |[)rt0, eUepaurf itit a^erver la m^itière, et, ^^nsle cas contraire, l'adhérence serait inspffisaqte. Elle doit, par consé- ' quent, varier en raison de la nature des substances traitées et de la grosseur du 81. L'expérience pratique détermine, dans chaque cas spécial, le nombre de tours convenable. On attache, avec raison, une iiuportapce telle à cette opération préUminaire, qu'on a imaginé des pioyens automatiques pour la pratiquer avec régularité sans le concours de la fileuse. On a, à cet effet, de petits appareils désignés sQua le nom de croiseurs tnécaniques. Ils consistent eu uu axe de rotation auquel on réunit les bouts à croiser. Cet aj^e est dispo^ sur un système de petites rpues donnant le poipbre de tours voulu, et afin de soustraire le mécanisme h l'action de la main, son mouvement lui est imprimé par un ressort ; une fois eelui-ci remonté, il imprime spoptanément l'action au mécanisme jusqu'à ce qu'une cheville, ou un batteur placé pouveuablejnent sur l'une des rQUes, rencontre un arrêt qui fait cesser le mouvement.

Les figures 8, 9 et 10 (p). VI) offrent, la premièpe, un profil } la deuxièm^9 un détail, et la troisième, une vue de la transmission d'ui> croiseur. Ce petit appareil, qui ne sert que lorsqu'on comt mence l'opération ou après chaque interruptiop du travail, esl fixé 'à une tige ou sur un montant du b&ti, en avant de la bassine k la portée de la fileuse. On voit en m, m, les petites tiges re^ courbées sur lesquelles on passe les fils, un sur chaque crochet. L'ei^trémité supérieure de chacune de ces tiges a un axe uni« que eommandé par, le pignon 1 . La ratatieu de ce dernier dé-^ termiue la croisure ; le mouyement est imprimé au pignon de l'axe par une série de rouages d'horlogerie, 3, 3, 4, K et d, convenablement calculés pour obtenir le nombi^ de tours voulu par la tension d'un ressort agissant sur Tune des roues ^

^ Malgré les divers systèmes de croiseurs automatiques imaginés, on croise encore à la main dans plusieurs filatures de premier ordre, tous les mécanisfiies de ce g^nv^ Hà^\ trop SMacepttbles de dérangements.

FABRICATION DBS FlIiS DE SOIE. 1S1

L'idée d'un crqiseur mécfinique eat due h Vaucanson ; Tap? pareil qu'il avait imaginé existe dans les galeries du Ganservatoire. Il consiste en une poqUe à gorge intérieure, dans laquelle peut tourner une seconde couronne concentrique à la pTemière ; cette couronne intérieure porte les deux guide^fils qui doivent opérer l$i oroisure, par sa rotation dans celle dont la gorge lui sert de guide. Une ficelle d'une longueur déterminée est fixée à la couronne mobile ; en la tirant, on déterr» mine une croisure de la longueur correspondant à la course de la ficelle *.

Filage à la tavelle, ^ Quelquefois, au lieu de prendre deu:i^ fils solidaires dans leur dé\idage et de les croiser l'un sur l'autre, on fait cheminer chaque fil isolément. Il en résulte deui avantages : la rupture arrête alors la formation d'un écheveau au lieu de deux, et le fil rompu ne peut plus se coller contre le précédent. Mais ces avantages sont compensés par uqe moindre production et par la difficulté d'avoir des ouvrières aussi ha* biles pour filer h la tavelle qu'au système précédent, dit à h Chambon; aussi ce dernier mode est-il le plus répandu. Quoi qu'il en soit, nous donnons, fig. 11, 13 et 13 (pi. VI), la disposition de la croisure à la tavelle. Le fil /se dirige de la bassine B sur une bol)ine en porcelaine B' montée dans des gapdes N, N) il redescend en se croisant sur lui-même jusqu'à l'axe a^ \ de là, il se rend dans une filière placée sur le rebord de la bassine, pour aller rejqindr^ ensuite le guide-fil, à mouvement de va-î et-vient, chargé de le diriger et de le disposer en écheveau su» le dévidoir. Pour faire varier la croisure qui peut se faire par le croiseur que nous venons de décrire, on s'est réservé le moyen de &ire glisser, monter ou descendre l'axe a\ dans une rainure pratiquée daas son support.

Conditions spéciales de fenvidage de la me. :— Le fil, à la

* Voir la description de ce petit appareil dans VEssai sur le travail deg imiiustTies lextiUs,

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sortie de la bassine et au moment de son arrivée sur l'asple, est moite et gommeux : il collerait, dans ses superpositions^ ce qui offrirait un inconvénient grave. On parvient en général à réviter en combinant le mouvement du va-et-vient de façon à ce que le point de départ de chaque tour du fil, sur la flotté, change déposition, de manière à fol'mer des points de croisure aussi variés de places que possible; c'est-à-dire que chaque fois que le va-et-vient retourne à son point de départ pour former une nouvelle couche de Téchevëau, il faut éviter que ce point de départ corresponde à celui de la course précédente, parce que la soie, n'étant pas suffisamment sèche, collerait plus facilement. On satisfait aux conditions voulues, en commandant le va-et-vient, soit par un excentrique, soit par des roues d'engrenages elliptiques déterminées par un tracé graphique des deux mouvements du tour et du va-et-vient. On est ainsi arrivé à faire faire j usqu'à près de mille tours à l'asple, avant que le fil ne revienne se poser au point de départ qu'il avait à la première révolution, au commencement du travail. La transmission doit également être combinée de façon à accélérer le mouvement du va-et-vient vers les bords, afin d'éviter une trop grande épaisseur ou la formation de bourrelets par les superpositions, résultant des deux mouvements de l'aller et du retour qui se succèdent en ces points. Il faut, autant que possible, que le fil d'un écheveau présente l'apparence d'une espèce de filet à mailles allongées, dont la figure 14 (pi. VI) peut donner une idée.

Séchage spécial du /î/. — Malgré l'emploi des moyens que nous venons d'indiquer, le fil, dans certaines saisons, lorsque le temps est pluvieux ou humide, arrive d'autant moins sec au tour, que l'atelier est moins bien ventilé. La vapeur des bassines, aussi bien que celle de l'atmosphère, se condense sur la soie, la ternit et l'expose à coller. Pour éviter ces inconvénients, on peut séparer, par une cloison ou \m plancher, le dévidoir

FABfllCATION DES FILS DE SOIE. 129

de la bassine, et on doit chauffer la partie du local oîi sont les asples. Nous parlons d'un plancher, car nous avons vu des filatures oîi les bassines se trouvaient au rez-de-chaussée, et les dévidoirs à Tétage au-dessus. La grande distance qu'on fait parcourir aU fil n'a aucun inconvénient, si l'installation est convenable.

Rattachage. — Le rattachage consiste à ajouter aux cocons, qui s'épuisent constamment, un cocon nouveau au moment voulu, pour maintenir la régularité du titre du fil. L'ouvrière est obligée d'apprécier à vue le moment le plus convenable pour le faire, à des périodes d'épuisement identiques, ce qui exige une certaine expérience et de l'intelligence. Pour rattacher, elle prend dans la main l'extrémité du fil du cocon qu'elle veut ajouter, et lance ce bout contre celui des cocons réunis. La vitesse avec laquelle ce fil principal monte attire le brin nouveau. Mais il faut que la fileuse ait soin que le point de jonction ait lieu exactement au point de départ du nouveau fil, car si la rattache était trop longue, comme on dit, une partie de cette longueur vrillerait et produirait une irrégularité dans le produit. Cette seconde condition à réaliser exige une habileté que certaines ouvrières n'acquièrent qu'après plusieurs années d'exercice.

Vitesse du tour. — La rapidité du développement des fils n'est pas sans influence sur les résultats ; la qualité et la production de la matière y sont intéressées. Une trop grande vitesse du tour peut exercer une traction telle, que la ténacité et l'élasticité en soient amoindries, et une vitesse trop petite aurait non-seulement l'inconvénient de la moindre production, mais encore de donner une soie peu brillante ; car alors les petits vril- * lements du fil, provenant de ses superpositions repliées en zigzags sur le cocon, insuffisamment développés, ne disparaîtraient pas, la lumière serait imparfaitement réfléchie, et le produit, au lieu de sa riche couleur dorée ou blanche, aurait un aspect du-

ALGAH. — Arts textiles. 9

vetèux, terne et iloirâtre. La vitesse la plus convenable, expérimentalement constatée, est d'environ 350 à 400 mètres de développement à la minute, correspondant de quatre-vingt-dix à cent dix tours de Tasple. Avec cette vitesse, si les cocons sont d'une qualité normale, une ouvrière expérimentée peut filer environ 250 grammes de soie parfaite par jour , du titre le plus ordinaire, de 12 à 13 deniers, formé par le dévidage de cinq à six cocons ensemble.

Brise-mariage. — Dans le filage à deux bouts solidaires, (Ut à la Chambon^ si un fil se rompt, il est entraîné par Tautre, se colle contre lui et détermine une défectuosité résultant du mar riage des deux fils. On a cherché à remédier à cet inconvénient par des dispositions assez variées, désignées sous le nom de brisemariage. Ne pouvant, dans un travail de ce genre, entrer dans trop de détails, nous nous bornons à retracer le brise-mariage le plus simple. La figure 15 en donne une projection horizontale. On voit en or, a les traces des cocons ; en i, 5 les deux fils passant dans leurs filières réciproques e, a, pour aller se croiser en c ; de là, ils se rendent dans le brise-mariage rf, d. Il consiste en deux tubes de verre, n'ayant entre eux qu'un intervalle capable de laisser passer le fil du titre régulier ; mais dès qu'il se présente avec une irrégularité de grosseur provenant du mariage avec le voisin, il ne peut plus passer et se rompt : la fileuse le purge alors, le nettoie et opère une rattache convenable.

Disposition des^ bassines, conditions de température et composition de feau. — Les bassines doivent être disposées de façon à pouvoir les alimenter facilement d'eau pure à la température ordinaire, et de vapeur pour chauffer plus ou moins le liquide. Lorsque l'eau est crwc, ferrugineuse ou calcaire, le filage ne se fait pas aussi bien que lorsque Veau est pure et douce, et susceptible de dissoudre convenablement le savon. Il y a bien des localités séricicoles, et, entre autres, les Gévennes,

FABRtCATÏON DES FILS DE SOIE. 131

OÙ l'eau a besoin d'être corrigée. Jusqu'ici le moyen préféré par les plus habiles praticiens consiste à écraser dès chrysalides, à en faire une espèce de sirop, qu'on mélange à l'eau de la bassine ; il «n résulte une sorte d'émulsion onctueuse qui facilite le développement du fil et lui donne un toucher particulièrement doux.

Quant au mode d'alimentation de la bassine, il suffit de jeter un coup d'œil sur les figures 7 et 7 his pour s'en rendre compte. On voit dans ces coupes verticale et transversale deux bassines * de ce qu'on nomme un banc ou une banque de fileuse. Ces bassines B sont comprises dans une caisse E demi-circulaire, ' où se rend un tuyau de distribution de vapeur o, alimenté par le tuyau X venant du générateur. La vapeur se dirige à droite et à gauche de la direction de son arrivée, pour se rendre, par des tubes plus petits k^k\ dans les bassines. Ces tubes sont manœuvres par des petits robinets à main n, n, lorsqu'il s'agit de chauffer ou de réchauffer l'eau des bassines. Pour alimenter ou abaisser la température, on se sert du robinet qui communique avec le tuyau provenant de la source d'eau froide, ordi- ^ nairement contenue dans un réservoir. Cette manière de disposer les bassines pour utiliser la vapeur à leur chauffage, afin de pouvoir modifier, régulariser la température à volonté, et de soustraire le travail aux émanations, et aux causes d'irrégularités d'un chauffage à feu nu, a été imaginée, il y a une soixantaine d'années, par le docteur Gensoul, de Lyon. Malgré la simplicité de la disposition et ses conséquences considérables au profit de l'industrie, ce procédé, signalé comme un des progrès les plus sérieux dans le travail de la soie depuis Vaucanson, n'a pu se, généraliser qu'un quart de siècle après que son auteur l'a fait connattre.

§ 3. — Progrès tentés et & l'état d'ess»i dans la fllatnre

en éehe veaux.

Certains progrès, comme celui de la substitution de la vapeur au chauffage de Teau par un foyer direct, des perfectionnements des détails du tour, des croiseurs, des coupe-mariages, et de la commande du va-et-vient, ont été peu à peu appliqués, conformément aux connaissances théoriques de la mécanique et aux exigences rationnelles du travail. La suppression du tournage à la main par l'ouvrière, et l'emploi d'un moteur plus facile à régulariser, tel que la vapeur ou la force hydraulique, ont été réalisés presque en même temps, depuis l'introduction de la vapeur dans les filatures» D'autres essais ont été moins heureux ; de ce nombre sont les tentatives plus ou moins ingénieuses pour remplacer la main de l'ouvrière dans le rattachage des bouts, ou pour faciliter cette action. On a cherché à faire l'ali- . , mentation des cocons par un moyen automatique, par l'intervention d'un courant électrique, déterminant un déclanchement à des intervalles déterminés pour laisser arriver un cocon nouveau sur ceux en dévidage. L'appareil proposé à cet effet était fort ingénieux, mais ne pouvait évidemment répondre aux besoins pratiques de l'opération. Il suffit de se reporter à ce que nous avons dit précédemment au sujet des conditions à remplir, pour s'expliquer la difficulté d'une solution automatique. Elle rencontre des obstacles du même genre et plus grandes encore que celles qui s'opposent à l'application d'un bon compteur pour les voitures de louage.

On a aussi proposé des moyens fort ingénieux de jeter un cocon nouveau dans les. conditions voulues pour ne pas faire de vrilles, de bouchons, de nœuds, etc. Tantôt c'est en disposant au-dessus de la bassine une espèce de cuiller, sur le rebord

de laquelle était placée un petit tranchant fixe, qu'on opérait; on laissait glisser le cocon dans cette cuiller ou godet, on retenait l'extrémité de son fil sur le couteau, le cocon allait rejoindre ceux en marche, son fil était entraîné par le mouvement du fil en œuvre, pendant que son extrémité était nettement tranchée. Pour rendre ce dernier effet plu^ sûr encore , on a eu recours à un petit disque tournant, et même à des rubis. Une disposition de ce dernier genre fonctionnait à l'Exposition.

Mais l'expérience a reconnu avec raison que, malgré l'ingéniosité de ces moyens, ils sont peu pratiques et n'offrent pas la sécurité et Tefficacité que présente la main de*la fileuse.

Réformes à réaliser dans la cuisson et la purge. — Mais si certaines tentatives ont et devaient échouer devant la pratique, il en est d'autres qui ont, au contraire, un avenir certain : nous voulons parler des moyens de cuire et de purger les cocons. Les praticiens connaissent l'importance de cette préparation, les plus habiles savent ce qu'elle laisse à désirer. Il en est, selon nous, des moyens actuels de cuire les cocons, comme de l'ancienne méthode de chauffage des bassines à feu nu. Malgré la plus grande habileté appprtée à la manière d'opérer, elle présente des inconvénients graves inhérents aux errements suivis.

11 suffit de quelques mots pour le prouver :

!<* Par la cuisson dans l'eau bouillante, à la surface d'une bassine ouverte dans l'atmosphère, il est impossible d'atteindre également les couches de l'extérieur et de l'intérieur du cocon. Si donc on veut atteindre convenablement ces dernières, les premières le seront trop et occasionneront un déchet anormal. Dans le cas contraire, si la surface extérieure n'est que convenablement atteinte, l'intérieur du cocon le sera insuffisamment, le dévidage rencontrera des résistances qui feront rompre le fil fréquemment, et nécessiteront autant de rebattêges en occasionnant une perte de temps et des déchets proportionnels. L'action du balai ou de la brosse, généralement

usitée, vient encore aggraver les inconvénients; car il n*est pas possible que leur effet soit précis et n'enlève pas une certaine quantité de bonne soie, qui passe au frison. L'irrégularité de ce procédé laisse d'ailleurs des traces évidentes dans les teintes diverses et défavorables d'un même écheveau, dont le fil a été plus ou moins c^it. Enfin, l'opération en usage est relativement très-lente, coûteuse, et entièrement subordonnée aux soins et à l'habileté de l'ouvrière. Lorsqu'il s'agit de traiter les cocons de certaines provenances, très-rebelles, comme les japonais d'une teinte verd&tre, la préparation usitée est souvent si inefficace^et les résultats si désavantageux, que bien des industriels ont renoncé à ce genre de matière première. Cependant, avec un traitement rationnel, on parvient à en tirer un parti aussi avantageux que des bons cocons normaux.

Procédé nouveau de préparation des cocons. '— Après bien des modifications et des recherches, on est arrivé à constituer un appareil pratique, basé sur un principe dont nous avons ex^ périmenté toute t'efBcacité. Ce principe consiste dans la préparation des cocons après les avoir complètement purgés d'air, afin de pouvoir les imprégner intimement d'eau bouillante sous une certaine pression. Toutes les couches, aussi bien celles du dedans qui touchent la chrysalide que celles de la surface, sont atteintes avec une grande régularité. Il ne pourrait en être autrement, attendu que les cocons traités dans le vide sont pénétrés avec une uniformité si complète, que l'emploi des balais et des brosses n'a plus de raison d'être.

La conduite de la préparation consiste en une simple manœuvre de robinets. On peut ainsi préparer simultanément les quantités voulues de cocons avec une économie de temps considérable et une diminution notable de frison. Quant à la qualité de la soie, elle est aussi parfaite que celle des cocons le permet. Ce qui prouve d'ailleurs l'influence de ce. mode de préparation^ c'est l'aspect de la soie qui en résulte. Elle est

d'une uniformité de teinte des plus remarquables. Maintenant il en est de ce traitement nouveau comme de tous les moyens qui ont réalisé un progrès : malgré toute la facilité que présente son application, elle a besoin d'être observée, au commencement, avec une certaine attention intelligente, ne fût-ce que pour déterminer la durée de l'opération en raison des caractères de la matière première. Les premiers essais* en train de se faire chez nos plus habiles filateurs, donnent de sérieuses espérances. Si ce procédé se propage, il rendra autant de services que celui de Gensoiil, et quoiqu'il soit presque aussi simple, il ne faut pas perdre de vue le temps qu'il a fallu h celui du docteur lyonnais pour se faire adopter. Que l'inventeur ait de la persé^ vérance, et il sera sûr de réussir à son tour.

On désigne sous œ nom plusieurs opérations : l"" la tran's-* formation de Técheveau de soie grége sur une bobine : c'est donc un simple dévîdage ou tavelage i â^'la réunion de deux ou un plus grand nombre de fils ; 3^ la torsion des fils simples ou multiples. Le matériel pour exécuter ces diverses opérations est fort simple. Le^ figures 46, 17, 18 et 19, pi. VI, donnent les dispositions élémentaires généralement en usage. La figure 16 montre l'écheveau D, provenant du tour porté sur un léger dévidoir tournant autour de l'axe a, simplement par l'appel du fil /, attiré par la rotation continue de la bobine B, dont le collet ou renflement c de l'axe est commandé par le frottement d'un galet «7. Le fil / est guidé sur la bobine B par le vaet-vient V. Cette tige du va-et-vient porte un purgeur p ou espèce de pince garnie de drap, où le fil vient se frotter et s'égaliser en passant pour se rendre sur la bobine. Cette opération du dévidage est souvent désignée sous le nom de tavelage; une

seule machine peut contenir une centaine de tavelles, comme tous les appareils de ce genre.

Le fil simple ainsi dévidé est rarement utilisé sous cette forme. Il est, en général, doublé, puis tordu. La figure 17 donne la position d'un doublage ; deux fils /, /', provenant des bobines précédentes B, B', se réunissent dans un guide commun 2, pour se rendre de là dans un second guide i' placé sur la tige d'un va-et-vient V, d'où il s'envîde sur la bobine B" mue encore, comme précédemment, par le galet g^ agissant sur le collet c de la bobine. L'important dans ce travail, c'est de faire cheminer les deux fils sous une égale tension. A cet effet, on dispose parfois le guide i' sur une articulation, de manière à lui permettre de céder suivant la direction de la plus forte traction.

La figure 18 donne la disposition de la machine à tordre, montrant deux bobines B seulement, contenant, par conséquent, les fils doublés.; ces bobines sont fixées sur des broches ô, b, dont la pointe ou pivot inférieur repose dans la petite crapaudine n d'une traverse fixe du bâti. Ces broches, un peu renflées au-dessus de leurs pointes, sont mues, soit par la friction d'une courroie R, soit par tout autre mode de transmission. A leur extrémité supérieure, ces broches sont coiffées de petits chapeaux o, ou coronelle, garnis d'ailettes légères ou guides V en fil de fer garnis d'un œil pour laisser passer les fils /, /. La coronelle peut tourner librement autour de son axe, pour guider le fil en montant dans les conducteurs i"^ il' du va-et-vient V, qui les sème convenablement en écheveaux E, E, sur l'asple tournant autour de son axe A. La torsion imprimée à chacun des deux fils réunis est en raison directe du nombre de tours imprimé aux broches 6, 6, et en raison inverse de la vitesse avec laquelle se meut le dévidoir A. Les fils composés comme nous venons de l'indiquer et tordus ensemble constituent, en général, des fils de trame.

PABRIGATION DES FILS ]}£ SOlIi:. 137

Fabrication de F organsin. — Pour obtenir les fils de chaîne dits organsins^ on prend deux bobines dont les fils ont reçu la torsion précédente, on les réunit ensuite par un doublage sur la machine doubleuse (fig. 17), puis on les place sur des broches d'un métier identique au précédent et représenté (fig. 19). Cette machine à retordre ne diffère de la précédente que par les récepteurs ou la forme sous laquelle les fils sont disposés ; au lieu d'écheveaux, ce sont des bobines B"', B'" que le mouHn produit, cette forme étant plus commode pour les transformations ultérieures.

Divers états de la soie. — Les opérations décrites jusqu'ici indigent déjà quatre états différents qui ont chacun leur emploi dans la pratique. La grége ou soie crue non tordue a diverses applications, mais sa plus importante est son usage comme chaîne pour certaines blondes et dans les tissus mélangés, dont le barége trame-laine offre une des spécialités les plus importantes. Le poil ou fil de grége simple, mais tordu isolément, a toutes sortes d'emplois dans divers articles, en chaîne et en trame. La destination de la trame est suffisamment indiquée par son nom, eX Y organsin^ qui reçoit deux torsions successives, dont la première est désignée sous le nom de filage et la seconde sous celui de tors^ est toujours destiné à former la chaîne des étoffes. Ces différents produits peuvent varier dans leurs caractères en raison de leurs titres et de la plus ou moins grande torsion qu'ils reçoivent. De là, une différence de qualité et de valeur. Un exemple pour l'organsin suffira pour mettre le fait en évidence. Pour réaliser les fils dans les conditions les plus convenables pour certains articles, on tord plus au filage et moins à la seconde torsion, dite apprêt ; on obtient ainsi un fil tenace, plus brillant et plus élastique que si on opérait d'une façon inverse, mais la dépense est plus grande. En effet, si on veut faire du bon fil de 26 deniers, pour taffetas, par exemple, dont la ténacité doit marquer 120 grammes au moins à notre expéri-

188 LIVRE lU BU MATÉBIEL.

meniateur des fils et reitensibilité ou élasticité 22 pour 100 au môme appareil, qui permet de réaliser les deux essais simultanément, on donnera en moyenne 500 tours de torsion au filage et 300 au second tors. L'organsin sera donc ^insi formé au moyen de deux fils gui ont coûté d'abord chacun 800 tours ou 1 000 tours, et ensuite 300, ce qui fait ensemble 1 300 révolutions au mètre. Mais on pourrait, au besoin, obtenir un or« gansin dont les deux premiers tors seraient de 300 tours et le second de SOO ; un produit semblable aurait coûté la dépense nécessaire pour 300 X 2 + 500 = 1 100 révolutions. On économiserait de cette manière 200 tours par mètre. Mais cette économie serait perdue par Tinfériorité du produit, qui serait moins net, moins brillant et n'aurait pas le moelleux et la douceur au toucher, recherchés pour les beaux produits obtenus par la première méthode. Le même raisonnement s'applique aux organsios en général , avec cette différence que le second tors augmente plus ou moins en raison de la destination des fils ; ainsi , tandis que le second tors, pour les satins et taffetas, est de 300 tours, pour la peluche, en moyenne, de 240, * elle est pour le velours de 450 : c'est un apprêt forcé pour obtenir une coupe plus nette et un épanouissement plus sensible des poils de la boucle qui forme le duvet. Les fils pour tulle de soie sont plus tordus encore, le premier tors s'élève de 15 à i 800 tours et le second atteint généralement 1 200 au. mètre. Nous ne citons ces quelques faits que pour montrer les détails que comporte la spécialité.

Quant aux autres articles fondamentaux du moulinage dési« gnés sous diverses dénominations dans le chapitre traitant des produits^ quelques mots suffiront pour les caractériser.

Le marabout n'est autre que lorgansin^ mais d'un tors plus considérable. La grenadine ne diffère des précédents que par une direction inverse imprimée aux torsions dans les deux apprêts, lie Sl-crêpe se compose de plusieurs grèges réunies et

tordues' ensemble. ÏJondé est composé d'un fil formé comme le précédent, puis réuni à une grége et retordus ensemble en deux sens opposés. Il résulte à la seconde opération un allongement du fil-crêpe et un raccourcissement de la grége; de là une sorte de vrillement ou d'effet caractérisé par le nom de ce fil. La rondelette est une grenadine produite avec, des fils infé«7 rieurs de douppions. Le fleuret est une soie en fils de frison moulinés. La galette est un fil de déchet provenant des cocons percés. La chape est un fil mouliné composé de fil de frison décreusé. La fantaisie est un fil retordu, dont les fils simples proviennent de déchets découpés, etc., etc.

Avant d'examiner les perfectionnements de détails des machines que nous venons de mentionner, arrêtons-nous un in« stant à certaines modifications proposées et poursuivies comme devant réaliser un progrès.

§ s. —'Filage et moalluage slmaltanés.

Depuis bien longtemps déjà, on a essayé de produire le fil mouliné à l'état de trame et même d'organsin, en une seule opération, à la sortie de la bassine. L'Exposition montre quelques tentatives de ce genre, dont la solution avait été considérée autrefois et l'est encore par quelques personnes comme la pierre philosophale du travail de la soie. Quoique la réalisation matérielle du problème n'offre pas de difficulté sérieuse , elle n'a jamais pu se faire adopter par la pratique. Indiquons-en succinctement les causes très-rationnelles.

Considération économique. — En dévidant, doublant, tordant et retordant simultanément les cocons par des dispositions convenables, on réunirait en une opération les quatre exécutées à Tordinaire , et on ferait l'économie du dévidage et des doublages ; quant aux torsions , sous le rapport de la force dé*

140 LiyBE 11. 1)U MATÉRIEL.

pensée, elles ne changent pas. Ce serait, en effet, une écfonomie si on pouvait produire une longueur égale avec la même dépense dans les deux cas; or cela est impossible, un calcul bien simple suffit pour le prouver. Une fileuse peut produire, avonsnous dit, environ 350 à 400 mètres de soie grége à la minute, en dévidant directement les cocons sans les tordre. Mais si on veut les tordre en même temps, la quantité ou la longueur produite par unité de temps dépend alors, d'une part, du nombre de tours de la broche qui imprime la torsion, et, de l'autre, du noinbre de tours de tors à donner au fil. Supposons à la broché 3 000 tours à la minute, maximum de vitesse, çstrement atteinte jusqu'ici dans le moulinage, et une torsion moyenne au premier apprêt de 300 tours seulement au mètre. La longueur produite sera, par conséquent, -^qô = *0 mètres à la

minute, au lieu de 330 à 400 que donne le filage sans torsion. Mais si on se rappelle qu'une ouvrière surveille deux fils et produit deux écheveaux à la fois, c'est donc une longueur de 700 à 800 mètres. Pour en produire autant par le filage et le moulinage simultanés, en supposant qu'une ouvrière au lieu de deux puisse même alimenter et soigner quatre fils et produire ainsi 40 mètres, il faudrait, par conséquent, un nombre d'ouvrières

correspondant à -^^ = 20. Or la main-d'œuvre de 20 fileuses,

comptées seulement à 1 fr. 50, s'élèverait à 30 francs par jour, au lieu de 3 francs pour les deux, filant la même longueur en grége. C'est donc une différence de 27 francs par jour. Ce serait une dépensé bien plus élevée que celle faite pour dévider, doubler, tordre et retordre. Mais, pour répondre à toutes les prétentions, admettons que les broches des moulinages, qui, aujourd'hui, dépassent rarement 2 000, puissent atteindre même 5000 tours grâce à des perfectionnements considérables dans les transmissions , et qu'au lieu de quatre fils, une ouvrière puisse en soigner dix. On trouvera, en faisant les calculs avec ces nou-

veaux chiffres, qu'une fileuse ne fera encore qu'une longueur de 160 mètres à la minute ; qu'il en faudra, par conséquent,

— == S pour arriver à produire la longueur obtenue par une

seule, en produisant de la grége. Mais les proportions changent encore et deviennent plus défavorables, si, au lieu de raisonner sur des fils recevant 300 torsions au mètre, ils devaient être tordus par 500 révolutions. Ces considérations économiques, si simples et si péremptoires, ne sont pas les seules contré le filage et le moulinage simultanés ; il faut également faire entrer en ligne de compte la différence de l'outillage dans les deux cas. Le matériel du filage et du moulinage généralement employé est des plus simples. Pour filer et tordre en mtoie temps, les machines exigent , au contraire , des complications qui en quintuplent au moins le prix ; et la précisio^ du fonctionnement est loin d'être aussi assurée que par les machines en usage.

Considérations concernant la qualité. — Jusqu'ici les produits résultant de la réunion des diverses transformations en une ont constamment présenté des caractères inférieurs. L'infériorité de qualité, toutes choses égales d'ailleurs , tient principalement à deux causes: 1° à ce que l'épuration et la purge qui se pratiquent avec tant de soin aux dévidages et doublages, intermédiaires de la pratique ordinaire, deviennent plus difficiles lorsque les transformations sont simultanées ; 2** surtout à la faible vitesse du fil, qui ne permet pas de le dévriller suffisamment. Le produit est alors peu net et il prend un aspect duveteux, défaut qu'on cherche le plus à éviter dans les caractères de la soie. Ce défaut est tel que lors même qu'il y aurait économie dans l'exécution du filage et du moulinage simultaués , l'amoindrissement de valeur subi par le résultat obtenu de cette façon neutraliserait, et au delà, le prétendu avantage.

Application spéciale du filage et du moulinage de la soie. — Il est cependant des cas exceptionnels où la manière d'opérer dont nous venons de parler peut s'appliquer : ce sont ceux surtout où il s'agit de réaliser des produits inférieurs. Nous avons, en effets vu exécuter rationnellement le filage et le moulinage, dans une usine pour produire du gros fil du titre de ^0 deniers, avec 7 ou 8 cocons doubles représentant 16 brins. Les fils destinés à de gros cordonnets sont faiblement tordus, ils reçoivent au maximum 150 tours au mètre. Les broches tournent avec une vitesse de 1 500 tours à la minute et produisent une longueur de ôôS""^*^ mètres à la minute, 7 200 mètres par

jour, théoriquement, et pratiquement 5 400 environ, au titre de 80 deniers, représentant 4«',24 pour 476 mètres : donc le

poids produit par chaque broche = -^^ X 4,24 ==48 grammes par broche et par bassine par jour. Dans ce bas titre, avec un fil aussi commun, une fileuse pouvant surveiller dix bouts, sa production journalière est, par conséquent, de 480 grammes. Quoique ce soit moins que ce qu'elle produirait en grége du même titre, l'exploitation devient cependant très-possible, parce qu'il s'agit d'un article qui ne demande ni une grande torsioà , ni les soins réclamés par la soie d'ordre.

La torsion et le dévidage simultanés permettent d'obtenir des soies doubles un meilleur résultat que lorsqu'on veut les filer à un titre plus élevé. Il y a donc là un cas spécial où Tapplicatien du procédé pourrait avoir des avantages.

Il est vrai que nous avons vu à l'Exposition des grèges de douppions tellement remarquables, qu'on pouvait, à première vue, les confondre avec des soies ordinaires. Un tel résultat n'a pu être atteint que par des soins particuliers et un déchet considérable, qui ont peut-étreélevé la valeur de ces soies auprixdes produits normaux. Elles ont, sans doute, été produites plutôt par des tours de forceque comme spécimens d'une industrie courante.

Il était cependant convenable de signaler les efforts faits î !• pour diminuer la proportion des douppions, par rapport aux cocons normaux : nous avons indiqué précédemment le moyen proposé à cet effet par M. le docteur Delprino ; 2* pour tirer un parti plus avantageux de ce» sortes de coicons inférieurs, conformément à la méthode suivie dans l'usine dont nt)us venons de parler *.

Nous devons ajouter que les machines à travailler la soie avaient été longtemps négligées sous le rapport des soins de leur exécution. Naguère encore, les moulinages n'étaient outillés que par des appareils anciens, des moulins ronds ou ovales, rappelant par leur disposition générale, l'exécution des détails et leurs commandes, la manière de construire d'il y a un siècle. Cet état de choses se modifia peu à peu. Aujourd'hui les perfectionnements sont tels que les machines de l'Exposition destinées aux transformations de la soie ne laissent pas plus à désirer que celles des branches textiles, dans lesquelles le matériel est le plus perfectionné.

On s'est surtout ingénié pour trouver des moyens susceptibles de fournir un résultat aussi uniforme que possible, pour éviter, par conséquent, les parties formées par un fil simple, résultat de la rupture de celui qui doit le doubler. On a également fait des efforts pour maintenir une tension constante pendant toute la durée du travail, malgré la variation de diamètre des bobines sur lesquelles le fil s'enroule. On ^îte le premier cas par l'établissement d'un mécanisme débrayeur, pour arrêter le travail, lors de la rupture d'un fil ; et l'application de mouvements différentiels compensateurs aux commandes des broches satisfait aux conditions réclamées dans le second cas.

Àprit déjà décrit le mécanisme du mouvement différentiel

^ Voir plus loin les indicatioas concernant la purge des produits résultant des douppions.

et les bancs broches \ etc., dans les métiers continus, nous n'avons pas à y revenir. Quant au mécanisme débrayeur, lorsqu'un fil vient à se casser, nous en donnons un exemple des plus simples et des plus eCQcaces dans la partie concernant les machines préparatoires du tissage.

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