‹ Fabrication des étoffes: Études sur les arts textiles à l'ExpositionChapitre 40 sur 49 · ES CONSÉQUENCES DÛ DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

ES CONSÉQUENCES DÛ DÉVELOPPEMENT

DU Système automatique.

Pour donner une idée exacte des causes du développement Constaté dans les industries textiles en Europe, il suffit de jeter un coup d'oeil sur le passé. Depuis les temps historiques jusqu'à la fin du siècle dernier, le progrès fut lent, tnéme dans les contrées les plus favorisées. La guerre, les troubles intérieurs et les fréquents changements de régimes administratifs troublaient profondément Tindustrie, qui, déplacée et amoindrie, revenait péniblement au point de dét)art. De là des fluctuations dé prospérité relative et de misère. La masse avec des tnoyens élémentaires et circonscrits produisait peu, consommait moins encore; la clientèle se composait surtout des classes privilégiées. Aussi

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lés chiffres du fedrattierce extéHeiif conipretiâîéfit-ils flHtifcipalemetit les soieries, les dentelles, les broderïes, et plus tat*dy quelc[Ues draperies fines. Peu à peti^ eertaids articles courdnts dëtitiretit^ pour TEuropë^ l'objet â'ét;hàtiges intertiatidtlaUi ; le trài^ail des lainages^ entre autres, trdUva uti débouché dans le Lëtant et même dans Tlnde et reitrètne Oriëtit. Gependânt ^ iffers la fin du dix-huitième siècle, l'industrie cotoiiriière, ëi puissante aujourd'hui, malgré les épreuves qu'elle â traversées^ naissait à peine. Le travail du chanvre et du lin tbrmàit une clceupdtldn exclusivement doiiiestique, et tie suffisait pas amt besdihs itidigënes; celui de la soie, d'utie importance relative, était dans l'enfance. Là pinduction restreinte de cette itiatièrè n'était pas compensée par la qualité.

Avec les moyens exclusivement en usagé alors, toiitfe la population de l'Europe eût été insuffisante h fourtlii- lès quantités indiquées dans lès tableaU^ dU (^hâpiti-ë pUScédent; héé trois millions de fileuses au rduet de la RUssië le démontfèilt. De plus^ le Son des travailleurs^ réduits encore à roUtillagë primitif, rest« des plus précaiffes aussi bien en Orient qu'en Russie ; dès que là fabrication s'intéresse à la masse ddnt l'ou^ vrier feit partiëj et peut se développe!* p^t l'extension des moyens âutoiliàtiques, la Condition du travailleur S'ëti trtlùvë néeeésaifèniëtlt amélidrëe:

ties cdtisidératldiis eXpliqueilt lès l*angs dëcKipés par les difi^ rentes spécialités qui, envisagées dans leui* ensemble, se classent danè l'otdre suivant 1 1" le coton ; 2" les laines; 3"" lé chànvfe èi le lin ; 4'' la soie.

Le cotdh^ cdmparé à la soie^ présente une importance double, et cette différence deviendra plus considérable encore pour satisfaire à des destinations si diverses. Le chanvi'ë ef le lin prendront une impbj^tàncè égale le jdUi' où les tràngfdi-fiiâtions seront aussi rationnelles et 'aussi avancées ^tiepdui^lë édton. hA prdductidn des lainages^ moins exposés à des osdllâtibns

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brusques, se développera naturellement en raison des usages qui lui sont propres. Les soieries sont soumises à des fluctuations plus accidentelles. Le courant actuel est donc entièrement opposé à celui de l'ancien régime, alors que les produits de la soie occupaient le premier rang et ceux du coton le dernier. De plus, la fabrication des articles communs donne souvent une rémunération plus large que celle des objets de luxe. Dans toutes les contrées où la population ouvrière trouve à s'utiliser au travail des machines, les salaires ont plus que quadruplé. La Russie nous en offre l'exemple le plus frappant, puisque, à côté des femmes occupées à un labeur pénible et payées à peine ' 20 centimes par jour, les ouvrières des usines gagnent au moins i fr. 28 c.

Mais, dira-t-on, la production surexcitée par l'emploi des machines amène des trop-pleins et des chômages impos^ibles avec le travail manuel. Cette objection est plus spécieuse que réelle. Le mouvement industriel , suit la loi des besoins généraux dans les circonstances normales. Le développement parallèle entre la production et la consommation est nettement démontré par les chiffres précédents. Les troubles et les crises sociales atteignent aussi péniblement les travailleurs à la main répandus sur une grande étendue de pays, que la classe ouvrière condensée dans les centres manufacturiers; seulement les effets diffèrent. Dans le premier cas, un état déjà misérable s'aggrave encore et se prolonge pendant un certain temps; dans le second, la population se trouve atteinte, mais pendant un temps bien moindre. Si l'on se préoccupe, en général, plus particulièrement des conséquences de cette dernière situation^ c'est que le mal est plus évident, sinon plus fâcheux, et peut aboutir à des éventualités qui ne sont pas à craindre avec les travailleurs disséminés et habitués, hélas! aux privations. Mais lors même que le travail manuel serait préférable au point de vue social, il serait aussi impossible d'y revenir que de faire

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remonter un fleuve à sa source; car si l'élan manufacturier est la conséquence du progrès et du mouvement normal des relations humaines, il doit se continuer sous peinad'une réaction dont les conséquences effrayent l'imagination.

De la position indigne et honteuse où il avait été relégué par les anciens, le travail a su prendra le premier rang dans les sociétés modernes, parce que son ascendant est à la fois matériel et moral. L'honneur de l'industrie réside dans le concours pratique qu'elle apporte à la philanthropie. Elle a vivifié et transformé avec une rapidité féerique des localités désertes et stériles et constitué le levier le plus puissant de l'échange des idées, du bien-être, de la civilisation en un mot. Les peuples qui comprennent cette puissance se développent, grandissent en prospérité et en moralité ; ceux qui restent en dehors du mouvement caractéristique de notre temps , dégénèrent et s'abâtardissent.

Cependant, loin d'avoir atteint à son apogée, l'influence civilisatrice du travail commence à peine à se manifester. Si elle est irrégulière et chancelante parfois, ce n'est pas un signe de décrépitude, mais la conséquence d'une organisation frêle encore qui se heurte contre les obstacles d'une voie imparfaitement établie.

Le commerce s'alTranchissant de plus en plus de ses entraves, établit une solidarité entre toutes les parties du globe. Les transactions internationales forment désormais un grand marché où se confondent les intérêts des points les plus éloignés. On dirait une surface liquide qui ne peut être déprimée en un point sans produire l'effet contraire au point opposé.

Cet état de choses exige dans l'avenir des garanties* pour sauvegarder les intérêts de chacun. Le régime commercial ne commande pas seulement des changements et des perfectionnements dans l'outillage, mais sollicite une situation en harmonie avec les tendances pacifiques et progressistes de nos

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jours. Une usine bien organisée doit chercher à diminuer les frais généraux, à utiliser le mieux possible tout le personnel^ à se procurer des débouchés et à se mettre à Tabri des mauvaises chances. Pourquoi en serait-il autrement de la grande usine sociale? Pour celle-ci comme pour celle-là, le premier rang appartiendra, infailljiblement non à la plus forte, mais à la mieux entendue. La valeur d'une machine motrice ne se mesure pas seulement d'après Teffort dont elle est susceptible, mais d'après la régularité de son fonctionnement et le degré d'économie réalisé.

Si de ces considérations générales nous passons à l'examen comparé des moyens techniques qui concourent aux résultats manufacturiers, nous nous assurerons de nouveau que les errements surannés se trouvent sérieusement compromis. Les plus prévenus contre le régime actuel pourront se convaincre que le bien-être général des masses est proportionnel au degré de l'automatisation des industries. La diffusion des connaissances rationnelles aidant, ces industries ne sauraient manquer d'accomplir l'évolution complète qui leur est fatalement imposée. Examinons donc l'état de moyens matériels des diverses contrées, d'après les données fournies par la dernière exposition.

§ ^* — Bes matériels Indastriols des diverses eontrées et de quelques éléments qui Influeiit sur la puissanee prodaetriee des pays rivaux.

L'examen des outillages exposés dans les sections relatives aux arts textiles et l'usage de ces matériels par les diverses contrées démontrent qu'il n'y a plus de différence tranchée dan& les machines en actititê dès divers pays. Si tous n'exécutent pas toutes les machines en usage dans les manufactures de tissiis ; si l'Angleterre, la France, la Belgique, certaines |)artîes de l'AUeriiagne et les Étatè-Unis sont à peu près les seules

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